Calicivirose du chat : symptômes buccaux et prise en charge
La calicivirose du chat provoque ulcères buccaux, fièvre et troubles respiratoires. Symptômes, traitement vétérinaire, vaccination et prévention.
La leucose féline (FeLV) est une maladie virale grave du chat. Transmission, symptômes, diagnostic, traitement vétérinaire, vaccination et espérance de vie.
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10 min
Publié le
11 février 2026
Auteur
La Rédaction Titiranol
La leucose féline est une maladie virale chronique du chat, causée par le virus leucémogène félin (FeLV, pour Féline Leukemia Virus). Ce rétrovirus à ARN appartient à la famille des Retroviridae. Il existe en quatre sous-groupes (A, B, C et T), chacun responsable de manifestations cliniques différentes. Le sous-groupe A est le plus répandu et le seul transmis naturellement entre chats.
Le FeLV s’attaque aux cellules du système immunitaire et de la moelle osseuse. Il provoque une immunodépression qui rend le chat vulnérable aux infections, mais aussi des anémies et des cancers du système lymphatique. En France, la prévalence est estimée à 9,3 % chez les chats domestiques, selon une étude européenne publiée en 2023. Ce chiffre est plus élevé que la moyenne européenne, située autour de 2,3 %.
La maladie ne se transmet pas à l’homme. Elle ne touche que les félidés : chats domestiques, mais aussi certains félins sauvages comme le lion, le tigre ou le lynx.
Le virus de la leucose circule principalement par la salive. Les situations de transmission les plus fréquentes sont les morsures lors de bagarres, le léchage mutuel (toilettage) et le partage prolongé de gamelles. La salive d’un chat infecté contient une charge virale élevée.
À la différence du parvovirus félin (responsable du typhus), le FeLV est très peu résistant en milieu extérieur. Il survit seulement quelques minutes à quelques heures hors de l’organisme. Les désinfectants courants l’éliminent facilement. Le risque de contamination indirecte (par des objets, des surfaces ou les semelles de chaussures) est donc minime.
Les contacts doivent être répétés et prolongés pour que la transmission ait lieu. Un croisement bref avec un chat infecté chez le vétérinaire ne suffit pas à contaminer un animal sain.
Le FeLV est spécifique aux félidés. Il ne se transmet ni aux chiens, ni aux humains, ni à aucune autre espèce animale domestique.
Après exposition au virus, tous les chats ne développent pas la maladie de la même façon. Le FeLV atteint d’abord les tissus lymphoïdes locaux (amygdales, ganglions), puis se propage dans le sang vers la moelle osseuse et les glandes salivaires.
Le système immunitaire du chat élimine le virus avant qu’il n’atteigne la moelle osseuse. Le chat ne développe aucun signe clinique et ne devient jamais contagieux. Cette issue concerne une proportion significative des chats adultes exposés au FeLV.
Le virus atteint la moelle osseuse mais le chat finit par contrôler l’infection. La virémie (présence du virus dans le sang) disparaît en quelques semaines à quelques mois. Le virus reste cependant intégré dans l’ADN de certaines cellules, sous forme latente. Le chat n’est plus contagieux dans la vie courante, mais une réactivation est possible en cas d’immunodépression sévère ou de traitement immunosuppresseur.
Environ 30 % des chats infectés ne parviennent pas à éliminer le virus. La virémie persiste de manière permanente. Le chat excrète le virus en continu par la salive et reste contagieux toute sa vie. C’est cette forme qui conduit aux maladies graves associées au FeLV : lymphomes, leucémies, anémie chronique et infections opportunistes.
Les jeunes chatons sont les plus vulnérables. Leur système immunitaire immature les prédispose à développer une infection progressive. Avec l’âge, les chats deviennent plus résistants au virus.
Un chat diagnostiqué FeLV positif doit être réexaminé quelques semaines plus tard. Un seul test positif ne suffit pas à confirmer une infection progressive. Le vétérinaire déterminera le stade de l’infection par des analyses complémentaires.
Un chat porteur du FeLV peut rester asymptomatique pendant des mois, voire des années. La phase silencieuse de l’infection dure parfois 2 à 5 ans avant que les premiers signes cliniques apparaissent.
Le FeLV affaiblit les défenses immunitaires du chat, ce qui favorise l’apparition de maladies opportunistes :
Le virus est directement responsable de certains cancers :
Le FeLV détruit les globules rouges ou empêche leur production par la moelle osseuse. L’anémie se manifeste par des muqueuses pâles (gencives blanches), un essoufflement et une fatigue intense. L’anémie non régénérative est une complication grave qui nécessite parfois des transfusions sanguines.
Le dépistage est recommandé pour tout chat adopté, avant la vaccination contre le FeLV, et en cas de contact avec un chat au statut inconnu ou positif.
Le test ELISA détecte l’antigène p27, une protéine du virus FeLV présente dans le sang. Il se réalise en clinique vétérinaire en quelques minutes à partir d’une goutte de sang. C’est le test de dépistage de première intention. Sa sensibilité est bonne, mais un résultat positif demande une confirmation.
La PCR (Polymerase Chain Réaction) détecte l’ADN proviral du FeLV intégré dans les cellules du chat. Ce test est plus précis que l’ELISA. Il permet de confirmer l’infection et de distinguer une infection progressive (charge virale élevée, supérieure à 1 million de copies/mL) d’une infection régressive (charge virale faible).
Le test IFA détecte la présence du virus dans les globules blancs et les plaquettes. Un résultat IFA positif indiqué généralement une infection progressive avec virémie persistante.
Faites tester tout nouveau chat avant de l’introduire dans un foyer où vivent d’autres chats. Le dépistage coûte entre 20 et 50 euros et peut éviter la contamination de l’ensemble du groupe.
Il n’existe pas de traitement curatif contre le FeLV. Le virus reste présent dans l’organisme du chat à vie. La prise en charge vise à traiter les complications, maintenir la qualité de vie et ralentir la progression de la maladie.
Les infections bactériennes secondaires sont traitées par antibiotiques adaptés. Les stomatites peuvent nécessiter des extractions dentaires. Les infections respiratoires chroniques reçoivent un traitement de soutien (inhalations, anti-inflammatoires).
Les lymphomes associés au FeLV répondent parfois à la chimiothérapie. Un protocole de polychimiothérapie peut induire des périodes de rémission. Le pronostic reste réservé : l’infection virale sous-jacente est un facteur aggravant qui réduit l’efficacité du traitement.
L’interféron oméga félin (Virbagen Omega) est le seul traitement antiviral ayant montré des résultats encourageants. Administré par voie sous-cutanée à la dose de 1 million d’unités par kilogramme pendant 5 jours, il peut réduire les signes cliniques et prolonger l’espérance de vie. Son coût élevé limite son utilisation en pratique courante.
En cas d’anémie sévère, des transfusions de sang peuvent être nécessaires. Elles apportent un soulagement temporaire mais ne traitent pas la cause sous-jacente.
La vaccination est le moyen de prévention le plus efficace contre la leucose féline. Plusieurs vaccins sont disponibles en France : Purevax FeLV (Boehringer Ingelheim), Leucogen (Virbac), Leucofeligen FeLV/RCP et Versifel FeLV.
Un chat doit être dépisté avant la vaccination. Vacciner un chat déjà infecté par le FeLV est inutile : le vaccin ne protégera pas un animal virémique et pourrait fausser l’interprétation des tests ultérieurs.
La vaccination est recommandée pour tous les chats ayant accès à l’extérieur, les chats vivant en collectivité (refuge, élevage, chatterie) et ceux partageant leur foyer avec un chat dont le statut FeLV n’est pas connu. Pour un chat strictement d’intérieur vivant seul, le vétérinaire évaluera le rapport bénéfice-risque.
La vaccination contre le FeLV ne figure pas parmi les vaccins obligatoires en France. Elle est fortement conseillée pour tout chat sortant ou en contact avec d’autres chats. Parlez-en à votre vétérinaire lors de la première consultation.
Un diagnostic de leucose féline n’est pas une condamnation immédiate. De nombreux chats FeLV positifs vivent plusieurs années avec une bonne qualité de vie, à condition d’adapter leur suivi médical et leur environnement.
La médiane de survie après le diagnostic se situe autour de 2,5 ans pour les chats en infection progressive, selon les données de l’université Cornell. Les chats en infection régressive peuvent vivre normalement pendant de nombreuses années, sans jamais développer de signes cliniques.
Les leucémies associées au FeLV ont le pronostic le plus sombre, avec une survie de quelques jours à quelques semaines.
Un bilan de santé complet est recommandé tous les 6 mois, incluant un examen clinique, une prise de sang (numération formule sanguine, biochimie) et un contrôle du poids. Ce suivi permet de détecter les complications à un stade précoce.
Dans un foyer multi-chats, l’introduction d’un chat FeLV positif impose des précautions strictes pour protéger les autres animaux.
Tous les chats du foyer doivent être testés. Les chats négatifs doivent être vaccinés contre le FeLV. Un rappel vaccinal à jour est la meilleure protection.
Le virus se transmet par la salive. Chaque chat doit avoir sa propre gamelle, sa propre fontaine à eau et son propre bac à litière. Le partage de ces équipements entre chats FeLV positifs et négatifs représente un risque de contamination.
La cohabitation entre un chat FeLV positif et des chats négatifs vaccinés est possible, mais le risque zéro n’existe pas. Certains vétérinaires recommandent une séparation physique complète. D’autres estiment que la vaccination des chats négatifs offre une protection suffisante si les gamelles et litières sont séparées. La décision dépend du nombre de chats, de la configuration du logement et du statut vaccinal de chaque animal.
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