Calicivirose du chat : symptômes buccaux et prise en charge
La calicivirose du chat provoque ulcères buccaux, fièvre et troubles respiratoires. Symptômes, traitement vétérinaire, vaccination et prévention.
L'insuffisance rénale du chat touche 1 félin sur 3 après 12 ans. Stades IRIS, symptômes, traitement vétérinaire, alimentation adaptée et espérance de vie.
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13 min
Publié le
12 février 2025
Auteur
La Rédaction Titiranol
L’insuffisance rénale du chat désigne l’incapacité des reins à filtrer correctement les déchets du sang et à réguler l’équilibre hydrique de l’organisme. Les reins d’un chat sain contiennent environ 200 000 néphrons - des unités microscopiques qui assurent la filtration. Quand ces néphrons sont détruits, ils ne se régénèrent pas. La fonction rénale décline de manière irréversible.
Cette maladie touche environ un tiers des chats de plus de 12 ans. Elle représente la première cause de mortalité chez le chat âgé. La maladie rénale chronique (MRC) évolue à bas bruit pendant des mois, parfois des années, avant que les symptômes ne deviennent visibles. Quand les premiers signes cliniques apparaissent, 60 à 70% des néphrons sont déjà détruits.
On distingue deux formes principales. L’insuffisance rénale aiguë (IRA) survient brutalement, souvent après une intoxication, une infection grave ou une obstruction urinaire. Elle peut être réversible si le traitement est mis en place rapidement. L’insuffisance rénale chronique (IRC), bien plus fréquente, s’installe progressivement et ne guérit pas. Le traitement vise à ralentir la progression et à maintenir la qualité de vie du chat.
La cause la plus courante reste l’usure liée à l’âge. Les néphrons se détériorent progressivement avec le temps. La plupart des chats diagnostiqués ont entre 10 et 15 ans. Certaines races présentent une prédisposition génétique, comme le Persan (polykystose rénale), l’Abyssin et le Maine Coon.
Plusieurs facteurs peuvent déclencher ou accélérer la destruction rénale :
L’IRA résulte souvent d’un événement précis. L’ingestion d’une seule feuille de lys peut suffire à provoquer une défaillance rénale mortelle en 24 à 72 heures. L’antigel, au goût sucré, attire les chats et provoque des lésions rénales massives. Certains médicaments humains (ibuprofène, paracétamol) sont néphrotoxiques pour les félins, même à faible dose.
Toutes les parties du lys sont extrêmement toxiques pour le chat. Le pollen, les feuilles, les pétales et même l’eau du vase peuvent provoquer une insuffisance rénale aiguë fatale. Si un chat a mâché ou ingéré du lys, la consultation vétérinaire est une urgence absolue.
Les premiers symptômes sont subtils et souvent confondus avec le vieillissement normal :
Ces signes apparaissent quand la fonction rénale est déjà réduite de moitié. Les reins ne parviennent plus à concentrer les urines correctement : le chat urine davantage et boit pour compenser la perte d’eau.
À mesure que la maladie progresse, le chat montre des signes plus nets :
Au stade terminal, les déchets toxiques (urée, créatinine, phosphore) s’accumulent massivement dans le sang. Le chat souffre du syndrome urémique :
Un chat qui ne mange plus depuis 24 heures, qui vomit de manière répétée ou qui présente une faiblesse soudaine doit être examiné par un vétérinaire en urgence. Le syndrome urémique évolue vite et met la vie du chat en danger.
L’International Renal Interest Society (IRIS) a défini une classification en 4 stades pour évaluer la gravité de la maladie rénale chronique. Cette classification repose sur la créatinine sanguine et la SDMA (diméthylarginine symétrique), deux marqueurs de la fonction rénale. Le stade est déterminé sur un animal stable, à jeun et hydraté, avec au moins deux mesures espacées de 1 à 2 semaines.
La créatinine est inférieure à 140 micromol/L (1,6 mg/dL) chez le chat. La SDMA peut être inférieure à 18 microg/dL. Le chat ne présente aucun symptôme visible. La maladie est détectée uniquement par des analyses de routine ou une échographie qui révèle des anomalies rénales. L’espérance de vie n’est pas significativement réduite à ce stade si la prise en charge démarre tôt.
Créatinine entre 140 et 250 micromol/L (1,6 à 2,8 mg/dL). SDMA entre 18 et 25 microg/dL. Le chat commence à boire et uriner davantage. La perte de poids peut devenir perceptible. Beaucoup de chats restent stables pendant 2 à 5 ans à ce stade avec un traitement adapté. L’alimentation rénale est introduite à partir de ce moment.
Créatinine entre 251 et 440 micromol/L (2,9 à 5,0 mg/dL). SDMA entre 26 et 38 microg/dL. Les symptômes cliniques sont évidents : perte d’appétit, amaigrissement, vomissements, fatigue. Environ 75% du tissu rénal fonctionnel est détruit. La survie moyenne est d’environ 778 jours (un peu plus de 2 ans) selon les études, mais varie fortement selon la réponse au traitement.
Créatinine supérieure à 440 micromol/L (5,0 mg/dL). SDMA supérieure à 38 microg/dL. Le syndrome urémique domine le tableau clinique. Les vomissements sont réfractaires, l’anorexie est totale, la déshydratation est permanente. La survie moyenne est de 103 jours dans les études statistiques. L’euthanasie peut être envisagée quand la qualité de vie se dégrade fortement malgré le traitement.
La SDMA est un marqueur plus précoce que la créatinine. Elle peut révéler une atteinte rénale alors que la créatinine reste dans les valeurs normales. Depuis son intégration dans la classification IRIS, le dépistage précoce s’est amélioré.
Chaque stade principal est affiné par deux paramètres supplémentaires :
Le vétérinaire s’appuie sur plusieurs examens pour poser le diagnostic et déterminer le stade de la maladie.
La prise de sang mesure les marqueurs rénaux :
L’examen des urines complète le bilan sanguin. La densité urinaire est un indicateur clé : des urines diluées (densité inférieure à 1,035 chez le chat) suggèrent que les reins ne concentrent plus correctement. Le RPCU évalue la protéinurie, signe de lésions glomérulaires.
L’échographie abdominale visualise la taille, la forme et la structure des reins. Des reins petits et irréguliers orientent vers une maladie chronique. L’échographie détecte aussi les kystes (polykystose), les calculs et les tumeurs rénales.
L’hypertension accompagne souvent la maladie rénale. Elle doit être évaluée systématiquement car elle aggrave les lésions rénales et peut provoquer des lésions oculaires (décollement de rétine, cécité brutale).
Le vétérinaire recommandé un bilan rénal complet à partir de 7-8 ans chez le chat, puis tous les 6 à 12 mois. Ce suivi permet un dépistage précoce, quand les traitements sont les plus efficaces.
L’insuffisance rénale chronique ne se guérit pas. Les néphrons détruits ne se régénèrent pas. Le traitement vise trois objectifs : ralentir la progression de la maladie, contrôler les symptômes et maintenir la meilleure qualité de vie possible.
C’est le pilier du traitement. L’alimentation thérapeutique rénale est la première mesure mise en place, dès le stade 2 IRIS. Ces aliments sont formulés avec précision :
Les vétérinaires recommandent d’associer croquettes et alimentation humide. La pâtée, riche en eau (75 à 80% d’humidité), aide à maintenir l’hydratation du chat. Un chat insuffisant rénal a besoin de boire beaucoup : l’alimentation humide contribue fortement à cet apport.
Un point important : un chat qui refuse l’aliment rénal mais mange ses croquettes habituelles reste mieux loti qu’un chat qui ne mange plus du tout. La fonte musculaire et la sous-alimentation aggravent la maladie plus vite qu’un régime imparfait. Si le chat boude la nourriture rénale, le vétérinaire peut proposer des anti-nauséeux ou des stimulants d’appétit pour faciliter la transition.
Selon le stade et les complications, le vétérinaire peut prescrire :
L’hydratation est centrale. Au stade 2, un accès permanent à l’eau fraîche et une alimentation humide suffisent souvent. A partir du stade 3, des perfusions sous-cutanées à domicile deviennent fréquentes. Le propriétaire apprend à administrer des bolus de Ringer Lactate sous la peau du chat, 2 à 3 fois par semaine. Ce geste, simple une fois maîtrisé, aide à maintenir l’hydratation et à diluer les toxines urémiques.
En cas de crise aiguë ou de déshydratation sévère, une hospitalisation avec perfusion intraveineuse est nécessaire.
Multipliez les points d’eau dans la maison et pensez à une fontaine à eau. Les chats insuffisants rénaux boivent davantage quand l’eau est fraîche et en mouvement. L’association pâtée + fontaine améliore l’hydratation au quotidien.
L’espérance de vie d’un chat insuffisant rénal dépend du stade au diagnostic, de la réponse au traitement et de la présence de complications (hypertension, anémie, protéinurie).
Les données issues des études vétérinaires donnent des repères :
Ces chiffres sont des moyennes. Certains chats diagnostiqués au stade 3 vivent plusieurs années. D’autres déclinent rapidement. La réponse individuelle au traitement, l’observance du régime alimentaire et le suivi vétérinaire font la différence.
La mise en place précoce d’un régime rénal a un impact démontré sur la survie. Les chats nourris avec une alimentation thérapeutique rénale vivent significativement plus longtemps que ceux qui restent sous alimentation standard.
La prévention repose sur trois axes principaux.
Un bilan sanguin rénal (créatinine, SDMA, urée) à partir de 7-8 ans, puis tous les 6 à 12 mois, permet de détecter la maladie avant l’apparition des symptômes. La SDMA révèle des anomalies des mois avant la créatinine. Un dépistage précoce ouvre une fenêtre thérapeutique où les interventions sont les plus efficaces.
Un chat qui boit suffisamment protège ses reins. L’alimentation humide (pâtée, sachets) apporte 75 à 80% d’eau par repas. Les fontaines à eau stimulent la consommation. Un chat adulte a besoin d’environ 40 à 60 mL d’eau par kilo et par jour, toutes sources confondues.
Éloigner définitivement les lys du foyer. Ne jamais donner de médicaments humains (ibuprofène, paracétamol) sans avis vétérinaire. Ranger les produits ménagers et l’antigel hors de portée. Éviter les anti-inflammatoires non stéroïdiens chez les chats âgés, sauf indication vétérinaire formelle.
Un suivi régulier des valeurs rénales chez les races prédisposées (Persan, Abyssin, Siamois) est aussi recommandé, y compris chez les sujets jeunes porteurs de polykystose rénale.
Le diagnostic d’insuffisance rénale change la routine mais ne signifie pas la fin. Beaucoup de chats vivent confortablement pendant des mois ou des années avec les bons soins.
La gestion quotidienne repose sur quelques habitudes :
La question de l’euthanasie se pose quand le chat ne répond plus au traitement, ne mange plus, vomit de façon permanente et ne montre plus d’intérêt pour son environnement. Cette décision, toujours difficile, se prend en concertation avec le vétérinaire, en évaluant objectivement la qualité de vie du chat jour après jour.
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