Calicivirose du chat : symptômes buccaux et prise en charge
La calicivirose du chat provoque ulcères buccaux, fièvre et troubles respiratoires. Symptômes, traitement vétérinaire, vaccination et prévention.
Le coronavirus félin (FCoV) est un virus courant chez le chat. Transmission, symptômes, mutation vers la PIF et mesures de prévention en collectivité.
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11 min
Publié le
11 février 2026
Auteur
La Rédaction Titiranol
Le coronavirus félin (Féline Coronavirus, FCoV) est un virus à ARN simple brin du genre Alphacoronavirus. Il est présent dans les populations de chats du monde entier. La séroprévalence atteint 25 à 40% chez les chats vivant seuls et dépasse 80 à 90% dans les collectivités félines comme les chatteries, les refuges et les élevages.
Ce virus existe sous deux biotypes aux conséquences très différentes :
Le FCoV n’a aucun lien avec le SARS-CoV-2 responsable du Covid-19 chez l’homme. Ces deux virus appartiennent à des genres différents au sein de la famille des Coronaviridae.
La présence du FCoV dans une population de chats est banale. Des études récentes montrent une prévalence fécale d’environ 38% par RT-PCR et une séroprévalence de plus de 90% dans certaines cohortes étudiées. La plupart des chats infectés ne montrent aucun signe clinique.
Quand des symptômes apparaissent, ils restent le plus souvent bénins :
Les chats adultes en bonne santé éliminent généralement le virus en quelques semaines à quelques mois. Certains deviennent des excréteurs chroniques : ils hébergent le virus et le disséminent dans leurs selles de façon intermittente, parfois pendant toute leur vie, sans jamais présenter de symptômes.
Un chat séropositif au FCoV n’est pas un chat malade. La séropositivité indiqué simplement que le chat a été en contact avec le coronavirus félin et a produit des anticorps. Elle ne permet pas de distinguer le FECV bénin du FIPV pathogène.
La voie de transmission principale du FCoV est la voie fécale-orale. Le virus est excrété en grande quantité dans les selles des chats infectés, parfois dès la première semaine suivant la contamination.
Les modes de contamination les plus fréquents sont :
La transmission par la salive reste rare chez les chats sains. Le partage de gamelles d’eau et de nourriture constitue un risque secondaire. La transmission transplacentaire (de la mère aux chatons in utero) est exceptionnelle, bien que documentée dans quelques cas isolés.
Dans un foyer multi-chats, prévoyez une litière par chat plus une supplémentaire. Nettoyez les bacs quotidiennement et désinfectez-les chaque semaine avec de l’eau de Javel diluée. Le FCoV est sensible aux désinfectants courants.
C’est ici que se situe la distinction la plus importante. Le FECV et le FIPV ne sont pas deux virus différents qui circulent indépendamment. Le FIPV naît d’une mutation spontanée du FECV à l’intérieur de l’organisme d’un chat infecté.
Le FECV cible les entérocytes, les cellules de la paroi intestinale. Lorsque des mutations spécifiques surviennent - principalement dans le gène codant la protéine de surface S (spike) et dans le gène de la protéine accessoire 3c - le virus acquiert la capacité de se répliquer dans les monocytes et les macrophages. Cette nouvelle cible cellulaire lui permet de quitter l’intestin et d’envahir d’autres organes par voie sanguine.
Aucune mutation unique et universelle n’a été identifiée comme responsable de cette transformation. Le génome du FCoV présente un taux élevé d’erreurs de réplication (caractéristique des virus à ARN), ce qui produit en permanence des variants génétiques. La plupart de ces variants sont sans conséquence. Dans de rares cas, une combinaison de mutations confère au virus un tropisme pour les cellules immunitaires.
Plusieurs éléments augmentent le risque de voir le FECV muter en FIPV :
Pour un article complet sur la PIF, ses formes cliniques et ses traitements, consultez notre guide dédié à la PIF du chat.
Le FCoV circule dans toutes les régions du monde où vivent des chats domestiques. Son taux de prévalence varie selon l’environnement :
| Situation | Séroprévalence estimée |
|---|---|
| Chat vivant seul en intérieur | 25 à 40% |
| Foyer avec 2 à 3 chats | 50 à 60% |
| Chatterie ou élevage | 80 à 90% |
| Refuge avec hébergement collectif | jusqu’à 90% et plus |
Les chats les plus exposés au risque de PIF sont :
Seuls 5 à 10% des chats infectés par le FCoV développent la PIF. Certaines sources avancent un chiffre pouvant atteindre 12%. Cela signifie que 90 à 95% des chats porteurs du coronavirus félin ne développeront jamais la forme grave de la maladie.
Un chat positif au FCoV ne nécessite aucun traitement en l’absence de symptômes. Seuls les chats qui développent la PIF requièrent une prise en charge vétérinaire spécifique. Si votre chat présente une fièvre persistante, un amaigrissement ou un abdomen distendu, consultez votre vétérinaire sans délai pour un bilan complet.
Les tests sérologiques détectent les anticorps dirigés contre le FCoV dans le sang du chat. Un résultat positif confirme que le chat a été en contact avec le virus. Il ne permet pas de différencier une infection par le FECV bénin d’une infection par le FIPV pathogène.
Un titre élevé d’anticorps associé à des signes cliniques évocateurs renforce la suspicion de PIF, mais un titre élevé seul n’a aucune valeur diagnostique. Beaucoup de chats sains présentent des titres sériques très élevés sans jamais développer la maladie.
Le test RT-PCR réalisé sur un échantillon de selles détecte la présence du génome viral. Il permet d’identifier les chats excréteurs, ce qui est utile pour la gestion sanitaire en élevage ou en chatterie. Ce test ne distingue pas non plus le FECV du FIPV.
Pour obtenir un résultat fiable, l’échantillon doit être frais et conservé à 4 degrés C en attendant l’analyse. Dans un foyer multi-chats, chaque prélèvement doit provenir d’un chat identifié individuellement.
Certains laboratoires proposent désormais des tests RT-PCR capables de différencier le biotype FECV du biotype FIPV. Cette avancée diagnostique repose sur la détection de mutations spécifiques dans le gène de la protéine spike (S). Ce test s’effectue sur des liquides d’épanchement (forme humide de la PIF) ou sur des biopsies tissulaires (forme sèche), pas sur les selles.
Le dépistage systématique de tous les chats n’a pas d’intérêt clinique. Le test est recommandé dans des situations précises :
Il n’existe pas de vaccin efficace contre le coronavirus félin en France. Un vaccin intranasal est commercialisé dans certains pays, mais son efficacité reste jugée insuffisante par la communauté vétérinaire européenne.
La prévention repose sur des mesures d’hygiène et de gestion de l’environnement :
Le FCoV peut survivre jusqu’à 7 semaines sur des surfaces sèches. Un simple nettoyage à l’eau ne suffit pas. Utilisez de l’eau de Javel diluée à 1:32 ou un désinfectant vétérinaire virucide pour éliminer le virus des surfaces, gamelles et bacs à litière.
Dans les élevages où le FCoV est endémique, les chatons se contaminent généralement entre 5 et 7 semaines de vie, au moment où l’immunité maternelle transmise par le colostrum commence à décliner. La période de risque maximal se situe entre 4 mois et 2 ans, âge où l’incidence de la PIF est la plus élevée.
La méthode dite du “sevrage précoce et isolement” consiste à :
Cette méthode, bien que contraignante, permet de produire des chatons séronégatifs au FCoV dans des élevages où le virus circule. Elle demande une organisation rigoureuse et un suivi vétérinaire adapté.
| FECV (coronavirus entérique) | FIPV (virus de la PIF) | |
|---|---|---|
| Origine | Infection directe par voie fécale-orale | Mutation interne du FECV chez un chat donné |
| Cellules cibles | Entérocytes (intestin) | Monocytes et macrophages |
| Symptômes | Aucun ou diarrhée légère | Fièvre, épanchements, atteinte multi-organique |
| Contagiosité | Élevée (voie fécale-orale) | Très faible (le FIPV ne se transmet quasiment pas entre chats) |
| Gravité | Bénigne | Mortelle sans traitement |
| Fréquence | 80 à 90% des chats en collectivité | 5 à 10% des chats infectés par le FCoV |
| Traitement | Aucun nécessaire | GS-441524 (antiviral) |
Un point souvent méconnu : le FIPV ne se transmet pratiquement pas d’un chat à l’autre. C’est le FECV bénin qui circule et qui, chez certains individus, mute pour donner le FIPV. Chaque cas de PIF résulte d’un événement de mutation propre à un chat donné, et non d’une contamination par un autre chat atteint de PIF.
Jusqu’à récemment, la PIF était considérée comme systématiquement mortelle. L’arrivée du GS-441524, un analogue nucléosidique, a changé le pronostic de la maladie. Ce traitement antiviral est désormais accessible en France sous forme de préparation magistrale, délivrée sur ordonnance vétérinaire.
Le GS-441524 cible la réplication virale en inhibant l’ARN polymérase du FCoV muté. Les taux de guérison rapportés se situent entre 80 et 90% lorsque le traitement est initié tôt. Le protocole standard dure 12 semaines, suivi d’une période de surveillance de 3 mois.
Ce traitement ne concerne que les chats atteints de PIF, pas les porteurs asymptomatiques du FCoV. Pour les détails sur le protocole thérapeutique et le suivi, consultez notre article sur la PIF du chat.
Le coronavirus félin est un virus omniprésent chez le chat, en particulier dans les environnements où vivent plusieurs animaux. Dans l’immense majorité des cas, l’infection reste sans conséquence. Le véritable risque est la mutation du FECV en FIPV, un événement rare mais aux conséquences graves.
La meilleure stratégie repose sur la prévention : hygiène des litières, limitation de la densité de chats, gestion du stress et dépistage ciblé en élevage. Pour les chats qui développent la PIF, les antiviraux comme le GS-441524 offrent désormais un espoir concret de guérison.
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