Calicivirose du chat : symptômes buccaux et prise en charge
La calicivirose du chat provoque ulcères buccaux, fièvre et troubles respiratoires. Symptômes, traitement vétérinaire, vaccination et prévention.
La péritonite infectieuse féline (PIF) est une maladie grave du chat. Formes humide et sèche, diagnostic, traitement au GS-441524 et pronostic.
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10 min
Publié le
11 février 2026
Auteur
La Rédaction Titiranol
La péritonite infectieuse féline (PIF) est une maladie virale grave causée par un coronavirus spécifique du chat. Elle provoque une inflammation généralisée qui touche plusieurs organes et se manifeste sous deux formes cliniques distinctes : la forme humide (exsudative) et la forme sèche (non exsudative). Longtemps considérée comme incurable, la PIF dispose aujourd’hui de traitements antiviraux efficaces.
La maladie touche surtout les jeunes chats entre 6 mois et 2 ans. Les animaux vivant en collectivité - refuges, élevages, chatteries - sont les plus exposés. On estime que 25 à 40% des chats domestiques et jusqu’à 80 à 90% des chats en collectivité sont porteurs du coronavirus félin. Seuls 5 à 10% d’entre eux développent la PIF.
La PIF n’est pas transmissible à l’homme ni au chien. Elle concerne exclusivement les félins.
Le coronavirus félin (FCoV) existe sous deux formes biologiques. La première, le coronavirus entérique félin (FECV), est un virus bénin très répandu. Il se transmet par voie fécale-orale, principalement via les litières partagées. La plupart des chats infectés ne présentent aucun symptôme ou développent une diarrhée légère et passagère.
Chez un petit nombre de chats, le virus subit une mutation génétique au sein de l’organisme. Cette mutation transforme le coronavirus bénin en une souche virulente, le virus de la péritonite infectieuse féline (FIPV). Le virus muté acquiert la capacité d’infecter les macrophages et les monocytes - des cellules du système immunitaire. Ces cellules transportent alors le virus dans tout le corps, déclenchant une réaction inflammatoire intense au niveau des vaisseaux sanguins et des organes.
Les facteurs qui favorisent cette mutation restent mal compris. Le stress, la promiscuité, une charge virale élevée et une prédisposition génétique semblent jouer un rôle. La réponse immunitaire du chat est déterminante : un système immunitaire efficace peut contrôler l’infection, tandis qu’une réponse inadaptée favorise le développement de la maladie.
Le coronavirus félin (FCoV) n’a aucun lien avec le SARS-CoV-2 responsable du Covid-19. Ce sont deux virus distincts qui n’affectent pas les mêmes espèces de la même manière.
La forme humide représente environ 60 à 70% des cas. Elle se caractérise par l’accumulation de liquide dans les cavités corporelles. L’inflammation des vaisseaux sanguins (vascularite) provoque une fuite de liquide riche en protéines vers la cavité abdominale (ascite) ou la cavité thoracique (épanchement pleural).
Le signe le plus visible est un abdomen gonflé alors que le chat maigrit par ailleurs. Le liquide d’épanchement a une couleur jaune citrin typique, une consistance visqueuse et un taux de protéines supérieur à 25 g/L. Lorsque le liquide s’accumule dans le thorax, le chat présente des difficultés respiratoires parfois sévères.
L’évolution de la forme humide est rapide. Sans traitement, la plupart des chats ne survivent que quelques semaines à quelques mois après l’apparition des symptômes.
La forme sèche, moins fréquente, se caractérise par des lésions granulomateuses (nodules inflammatoires) dans différents organes. Le foie, les reins, la rate, les yeux et le système nerveux central sont les plus souvent atteints.
Les symptômes varient selon les organes touchés. Un chat atteint de PIF sèche peut présenter une perte de poids progressive, une fièvre fluctuante, une insuffisance rénale ou hépatique, des troubles oculaires ou des signes neurologiques. Cette variabilité rend la forme sèche plus difficile à diagnostiquer que la forme humide.
L’évolution de la forme sèche est plus lente. Certains chats survivent plusieurs mois avant le diagnostic, surtout si un seul organe est touché.
Toute fièvre persistante associée à une perte de poids chez un jeune chat justifie une consultation vétérinaire rapide. Ces signes, peu spécifiques, peuvent révéler une PIF débutante. Un diagnostic précoce améliore les chances de succès du traitement antiviral.
La maladie débute par des symptômes peu caractéristiques. Le chat présente une fièvre fluctuante qui ne répond pas aux antibiotiques, une perte d’appétit, un amaigrissement et une léthargie progressive. Ces signes peuvent durer plusieurs jours à plusieurs semaines avant que les manifestations spécifiques n’apparaissent.
Certains chats présentent un tableau mixte associant des éléments des deux formes. Les signes oculaires constituent parfois la seule manifestation clinique de la PIF.
Le diagnostic de la péritonite infectieuse féline reste l’un des plus complexes en médecine vétérinaire. Aucun test unique ne permet de confirmer la maladie avec certitude.
Plusieurs anomalies biologiques orientent vers la PIF :
Un titre élevé d’anticorps anti-coronavirus félin, pris isolément, n’a aucune valeur diagnostique. Il indiqué seulement que le chat a été en contact avec le FCoV, pas qu’il est atteint de PIF.
Pour la forme humide, l’analyse du liquide abdominal ou thoracique fournit des informations précieuses. Le liquide de PIF est typiquement jaune citrin, visqueux, avec une densité supérieure à 1,025 et une concentration protéique supérieure à 50 g/L. Le test de Rivalta, réalisable en clinique, permet d’évaluer rapidement la teneur en protéines du liquide.
Le test PCR réalisé sur le liquide d’épanchement (forme humide) ou sur des biopsies tissulaires (forme sèche) permet de détecter l’ARN viral. Des tests plus récents, comme le RealPCR d’IDEXX, peuvent distinguer le biotype bénin (FECV) du biotype pathogène (FIPV).
Le diagnostic définitif repose sur l’analyse histologique des tissus atteints, combinée à l’immunohistochimie. En pratique, le vétérinaire établit le plus souvent un diagnostic de forte suspicion en croisant les données cliniques, biologiques et d’imagerie, sans attendre la confirmation histologique pour débuter le traitement.
Un test sérologique positif au coronavirus félin ne signifie pas que le chat a la PIF. La majorité des chats séropositifs sont porteurs du coronavirus bénin et ne développeront jamais la maladie. Seul un faisceau d’arguments cliniques et biologiques permet d’orienter le diagnostic.
Jusqu’en 2018, la PIF était considérée comme une maladie systématiquement mortelle. Les traitements se limitaient à des soins palliatifs - corticoïdes, ponctions d’épanchement, alimentation assistée - qui ne faisaient que retarder l’issue fatale.
Le GS-441524, un analogue nucléosidique proche du remdesivir, a transformé la prise en charge. Cette molécule bloque l’enzyme ARN polymérase du virus, empêchant sa réplication dans les cellules infectées. Les études rapportent un taux de succès thérapeutique global de 84,6% d’après une revue de 11 essais cliniques. Les données de terrain confirment un taux de guérison de 80 à 90%.
En France, le GS-441524 est disponible sous forme de préparation magistrale (pâte orale) depuis 2024. Cette formulation orale a remplacé les injections sous-cutanées, qui provoquaient des douleurs et parfois des nécroses cutanées au point d’injection.
Le traitement standard dure 12 semaines (84 jours). La dose quotidienne est calculée en fonction du poids du chat et de la forme clinique. Les formes neurologiques et oculaires nécessitent des doses plus élevées que les formes humide ou sèche classiques.
Le suivi vétérinaire est strict pendant toute la durée du traitement. Des analyses sanguines régulières permettent de surveiller la réponse au traitement et de détecter d’éventuels effets secondaires. Le GS-441524 peut provoquer une légère toxicité rénale, non progressive, chez certains chats.
Une étude récente suggère que la forme humide pourrait être traitée efficacement en 42 jours au lieu de 84. Cette piste reste à confirmer par des essais à plus grande échelle.
Le molnupiravir, un autre analogue nucléosidique, constitue une alternative en cas d’échec du GS-441524. Ce médicament agit par un mécanisme différent (mutagenèse létale du virus). Sur 11 chats en échec de traitement au GS-441524, 8 ont atteint la rémission après passage au molnupiravir.
L’association GS-441524 + GC376 (un inhibiteur de protéase virale) a montré un taux de succès de 93,8% sur 48 chats dans deux études. La combinaison de plusieurs antiviraux, inspirée des protocoles utilisés contre le VIH, fait l’objet de recherches actives.
Le pronostic de la PIF a radicalement changé avec l’arrivée des antiviraux. Un chat traité précocement au GS-441524 a de bonnes chances de guérison complète. Les facteurs qui influencent le pronostic :
Les rechutes surviennent chez un petit nombre de chats, parfois dues à des mutations de résistance du virus. Ces cas peuvent souvent être récupérés en passant au molnupiravir ou en combinant plusieurs antiviraux.
Après l’arrêt du traitement, un suivi de 3 mois minimum est recommandé pour confirmer la rémission complète.
La rapidité de la prise en charge est le facteur le plus déterminant. Face à un jeune chat avec une fièvre persistante, un abdomen distendu ou une perte de poids inexpliquée, consultez un vétérinaire sans tarder. Plus le traitement au GS-441524 est initié tôt, plus les chances de guérison sont élevées.
Certains chats sont plus exposés que d’autres :
Il n’existe pas de vaccin efficace contre la PIF en France. Un vaccin intranasal (Primucell FIP) a été développé aux États-Unis, mais son efficacité reste controversée. Il ne protège que les chats séronégatifs au FCoV, ce qui limite fortement son intérêt.
La prévention passe par des mesures d’hygiène et de gestion :
Le sevrage tardif (après 12 semaines) dans un environnement propre réduit la charge virale transmise aux chatons. Certains éleveurs pratiquent un sevrage précoce avec isolement strict de la mère et des chatons pour limiter l’exposition au virus.
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