Calicivirose du chat : symptômes buccaux et prise en charge
La calicivirose du chat provoque ulcères buccaux, fièvre et troubles respiratoires. Symptômes, traitement vétérinaire, vaccination et prévention.
Les calculs urinaires du chat (struvite, oxalate) peuvent provoquer une obstruction mortelle. Symptômes, diagnostic, traitement et prévention.
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11 min
Publié le
12 février 2025
Auteur
La Rédaction Titiranol
Les calculs urinaires du chat sont des amas solides de minéraux qui se forment dans les voies urinaires. Tout commence par de minuscules cristaux microscopiques dans l’urine. Quand les conditions sont réunies - urine trop concentrée, pH déséquilibré, excès de minéraux - ces cristaux s’agglomèrent et grossissent jusqu’à former des calculs de plusieurs millimètres, parfois plusieurs centimètres.
On parle de cristallurie quand les cristaux sont présents en grand nombre dans l’urine, et d’urolithiase quand de véritables calculs se sont formés. La majorité des calculs se logent dans la vessie ou dans l’urètre. Plus rarement, ils apparaissent dans les reins ou les uretères.
Les problèmes urinaires représentent près de 15% des motifs de consultation aux urgences vétérinaires chez le chat. Les mâles castrés sont les plus touchés : leur urètre, plus long et plus étroit que celui des femelles, forme un goulet d’étranglement au niveau du pénis. Un simple amas de cristaux suffit à bloquer le passage de l’urine.
Les struvites sont les calculs les plus fréquents chez le chat. Ils se composent de magnésium, d’ammonium et de phosphate - on les appelle aussi phosphates ammoniaco-magnésiens (PAM). Ces cristaux se forment quand le pH de l’urine dépasse 6,5, c’est-à-dire quand l’urine devient trop alcaline.
Une alimentation riche en magnésium et en phosphore favorise leur apparition. Les croquettes bas de gamme vendues en supermarché contiennent souvent un excès de ces minéraux. Les jeunes chats, entre 1 et 2 ans, présentent un risque plus élevé de développer des struvites.
Point positif : les struvites peuvent être dissous grâce à une alimentation thérapeutique adaptée, à condition qu’ils ne provoquent pas d’obstruction. La dissolution n’est possible que dans la vessie.
Les oxalates de calcium arrivent en seconde position. Contrairement aux struvites, ils se forment quand le pH urinaire est trop acide, généralement en dessous de 6. Ce type de calcul concerne davantage les chats âgés.
Mauvaise nouvelle : les oxalates de calcium ne se dissolvent pas. La chirurgie reste le seul moyen de les retirer. Un régime alimentaire limité en calcium et en oxalate réduit le risque de récidive. Un pH urinaire maintenu entre 6,2 et 6,5 diminue de moitié le risque de formation des oxalates sans favoriser les struvites.
D’autres types de calculs existent mais restent rares : urate, cystine, phosphate de calcium. A eux tous, ils représentent moins de 5% des cas.
Les calculs d’urate touchent surtout les chats qui souffrent de troubles hépatiques. Les calculs de cystine sont liés à une anomalie génétique du transport des acides aminés. Les calculs de phosphate de calcium se rencontrent parfois chez les chats atteints d’hypercalcémie. Ces formes rares nécessitent des analyses poussées pour identifier leur composition exacte et adapter le traitement.
Plusieurs éléments favorisent la formation de calculs urinaires chez le chat. La plupart du temps, c’est une combinaison de facteurs qui déclenche le problème.
Une nourriture de mauvaise qualité, trop riche en minéraux (magnésium, phosphore, calcium), reste la première cause identifiée. Les croquettes d’entrée de gamme ne contrôlent pas le pH urinaire et n’acidifient pas assez les urines. Les chats nourris exclusivement avec des croquettes sèches boivent rarement assez pour compenser le manque d’eau.
L’urine concentrée est le terrain idéal pour la cristallisation. Un chat qui boit peu produit peu d’urine, ce qui laisse le temps aux minéraux de s’agglomérer. Les chats nourris au sec compensent seulement 49% de l’apport hydrique par rapport à ceux qui mangent de la pâtée. Ce chiffre explique pourquoi la hydratation (via le humide) et entretien dentaire (via le sec)." tabindex="0">bi-nutrition (croquettes + nourriture humide) est si souvent recommandée.
Un chat d’intérieur, peu actif et en surpoids, urine moins souvent. L’urine stagne dans la vessie. Plus elle stagne, plus le risque de cristallisation augmente. L’obésité est un facteur aggravant reconnu pour les obstructions urétrales.
Les signes d’alerte varient selon la gravité de la situation. Une simple cristallurie provoque un inconfort urinaire. Une obstruction complète engage le pronostic vital.
Le chat fait des allers-retours fréquents à la litière. Il s’accroupit, pousse, mais ne produit que quelques gouttes d’urine - parfois teintées de sang. Il miaule en urinant. Certains chats se mettent à uriner en dehors de leur bac, sur des surfaces lisses ou fraîches (carrelage, baignoire). Ce changement de comportement est souvent le premier signal repéré par les propriétaires.
Le léchage excessif des parties génitales est un autre indicateur. Le chat tente de soulager la douleur et l’irritation au niveau de l’urètre.
La perte d’appétit s’installe. Le chat devient apathique, se cache. Les vomissements apparaissent. La température corporelle peut baisser au lieu d’augmenter - signe d’un état de choc débutant.
Un chat qui ne produit plus aucune urine depuis 12 à 24 heures est en danger de mort. La vessie se distend jusqu’à former un globe vésical pouvant atteindre la taille d’une orange. Sans traitement, l’insuffisance rénale aiguë s’installe et tue le chat en 48 à 72 heures.
L’obstruction complète est la complication la plus redoutée. Le calcul ou l’amas de cristaux se coince dans l’urètre, à 1 ou 2 centimètres de la sortie, là où le diamètre se rétrécit au maximum. L’urine ne s’écoule plus. La vessie gonfle, la pression remonte vers les reins, et l’urée s’accumule dans le sang. L’animal s’affaiblit rapidement : abattement profond, hypothermie, vomissements, puis coma.
Ce scénario concerne presque exclusivement les mâles. L’urètre du mâle mesure environ 1 millimètre de diamètre au point le plus étroit. Chez la femelle, le conduit est plus court et plus large, ce qui permet l’évacuation spontanée de petits calculs.
Le vétérinaire commence par palper l’abdomen du chat. Une vessie distendue et douloureuse orienté immédiatement vers un problème urinaire. Quand la vessie est énorme et dure, l’obstruction ne fait aucun doute.
L’analyse de la composition exacte du calcul (après retrait chirurgical ou récupération dans les urines) guide le traitement de fond. Un calcul de struvite et un calcul d’oxalate ne se traitent pas de la même façon.
Le sondage urinaire sous anesthésie générale est le premier geste. Le vétérinaire introduit une sonde dans l’urètre pour repousser le bouchon vers la vessie et permettre l’écoulement de l’urine. La sonde reste en place pendant 48 heures minimum. Une perfusion est posée pour relancer la production d’urine, réhydrater l’animal et corriger les déséquilibres électrolytiques.
Les complications post-sondage sont fréquentes : entre 27 et 35% des chats développent une infection urinaire après l’intervention. Un traitement antibiotique ciblé de 5 jours minimum est alors nécessaire.
Quand il n’y a pas d’obstruction, les calculs de struvite peuvent être dissous grâce à une alimentation thérapeutique vétérinaire. Ces aliments spécifiques acidifient l’urine, limitent l’apport en magnésium et en phosphore, et augmentent la diurèse. La dissolution prend en général 2 à 4 semaines. Un contrôle échographique permet de suivre l’évolution.
La dissolution n’est possible que pour les struvites et uniquement quand ils sont dans la vessie. Un calcul coincé dans l’urètre ou un calcul d’oxalate ne peut jamais être dissous : la chirurgie est la seule option.
La cystotomie consiste à ouvrir la vessie pour retirer les calculs manuellement. Cette opération est nécessaire pour les oxalates de calcium et pour les struvites trop volumineux ou obstructifs. Le vétérinaire envoie systématiquement les calculs retirés au laboratoire pour analyse.
Les fils de suture dans la vessie peuvent eux-mêmes stimuler la formation de nouveaux cristaux. C’est pourquoi les vétérinaires tentent toujours d’éviter la chirurgie quand la dissolution est envisageable.
Chez les mâles qui font des obstructions à répétition, le vétérinaire peut proposer une urétrostomie. Cette intervention consiste à retirer la partie la plus étroite de l’urètre (au niveau du pénis) et à créer une ouverture plus large. L’opération est définitive et réservée aux cas de récidives multiples.
La récidive concerne environ un chat sur deux après un premier épisode. La prévention repose sur trois axes : l’alimentation, l’hydratation et le suivi vétérinaire.
Un chat qui a déjà eu des calculs urinaires devrait être nourri à vie avec un aliment de gamme vétérinaire conçu pour réguler le pH urinaire. Plusieurs marques proposent des gammes spécifiques : Royal Canin Urinary, Hill’s c/d, Virbac HPM Urology, Specific Crystal Management. Ces aliments contrôlent les apports en minéraux et maintiennent un pH urinaire optimal.
Pour les chats à risque de struvites : alimentation pauvre en magnésium et en phosphore, qui acidifie légèrement les urines.
Pour les chats à risque d’oxalates : alimentation limitée en calcium et en oxalate, avec un pH cible entre 6,2 et 6,5.
C’est le levier le plus efficace. Un chat bien hydraté produit une urine diluée, dans laquelle les minéraux ont moins de chances de cristalliser.
Ne jamais remplacer une alimentation humide par du sec sans avis vétérinaire : le chat ne compense pas naturellement le déficit hydrique.
Après un épisode de calculs, des contrôles réguliers sont indispensables. Une analyse d’urine tous les 3 à 6 mois permet de détecter une cristallurie débutante avant qu’elle n’évolue vers de nouveaux calculs. Un bilan sanguin annuel surveille la fonction rénale, surtout chez les chats qui ont subi une obstruction.
Surveillez les habitudes urinaires de votre chat au quotidien. Un changement dans la fréquence des passages à la litière, des traces de sang dans l’urine ou un chat qui pousse sans résultat doivent amener à consulter dans les 24 heures.
Certains chats sont génétiquement prédisposés aux calculs urinaires. Le Persan et l’Himalayen présentent un risque accru d’oxalates de calcium. Le Birman, le British Shorthair et le Ragdoll sont aussi cités dans la littérature vétérinaire. Les chats de race croisée ne sont pas épargnés, surtout quand ils cumulent d’autres facteurs de risque (mâle castré, sédentaire, en surpoids).
Le profil type du chat à risque : un mâle castré, entre 2 et 10 ans, vivant en appartement, nourri exclusivement aux croquettes et qui boit peu. Ce profil représente une part importante des cas vus en clinique vétérinaire.
Les chats d’extérieur, plus actifs et qui boivent plus souvent, développent moins de calculs. Leur vessie se vide plus régulièrement, ce qui limite la stagnation de l’urine.
Un chat diagnostiqué avec des calculs urinaires peut vivre normalement pendant des années, à condition de respecter le protocole alimentaire et de maintenir un suivi vétérinaire. La maladie devient un problème grave uniquement quand elle est ignorée ou quand les mesures préventives ne sont pas appliquées.
Le coût de la prévention (alimentation thérapeutique, analyses d’urine régulières) reste largement inférieur à celui d’une intervention d’urgence. Un sac de croquettes urinaires vétérinaires coûte entre 30 et 50 euros pour 3 à 4 kg, soit un budget mensuel de 15 à 25 euros. Un sondage d’urgence avec hospitalisation de 48 heures dépasse souvent les 500 euros.
L’assurance santé animale couvre généralement les problèmes urinaires, y compris les hospitalisations et les chirurgies. Pour un chat à risque, c’est un investissement qui peut éviter des frais importants.
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