Chaton affaibli couché sur une couverture dans un environnement vétérinaire
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Typhus du chat : symptômes, traitement et prévention

Le typhus du chat (panleucopénie féline) est une maladie virale grave. Symptômes, diagnostic, traitement vétérinaire, vaccination et prévention.

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9 min

Publié le

11 février 2026

Auteur

La Rédaction Titiranol

Sommaire

Qu’est-ce que le typhus du chat

Le typhus du chat, aussi appelé panleucopénie infectieuse féline, est une maladie virale provoquée par le parvovirus félin (FPV). Ce virus appartient à la famille des Parvoviridae, proche du parvovirus canin (CPV) responsable de gastro-entérites hémorragiques chez le chien. Le terme “typhus” vient du grec tuphos qui signifie stupeur, en référence à l’abattement profond des animaux atteints.

La maladie touche tous les félidés, domestiques et sauvages. Elle sévit partout dans le monde. Grâce à la vaccination, sa prévalence a fortement diminué ces dernières décennies, mais elle reste présente dans les refuges, les élevages et les populations de chats errants.

Le parvovirus félin est un virus à ADN, dépourvu d’enveloppe, ce qui le rend particulièrement résistant dans l’environnement. Il survit jusqu’à un an à température ambiante sur des surfaces ou des matières organiques. Les désinfectants classiques ne l’éliminent pas. Seule l’eau de Javel diluée (1 pour 30) détruit le virus de manière fiable.

Comment le chat se contamine

La transmission se fait par voie oro-nasale. Le chat ingère ou inhale des particules virales présentes dans les selles, les urines ou les vomissures d’un animal infecté. Le contact direct avec un chat malade n’est pas le seul risque : le virus circule aussi par des voies indirectes.

Les voies de contamination

  • Les matières fécales : un chat infecté excrète des quantités massives de virus dans ses selles pendant plusieurs semaines. Un bac à litière partagé suffit à contaminer les autres chats du foyer.
  • Les objets contaminés : gamelles, paniers, couvertures, jouets. Le virus persiste longtemps sur ces surfaces.
  • Les semelles de chaussures : les propriétaires peuvent rapporter le virus à domicile après avoir marché dans une zone contaminée. C’est la raison pour laquelle les chats d’intérieur ne sont pas à l’abri.
  • Le contact humain : une personne ayant manipulé un chat malade peut transporter le virus sur ses mains et ses vêtements.

Une contagiosité élevée en collectivité

Les refuges, les élevages et les chatteries concentrent un grand nombre de chats dans un espace restreint. La charge virale dans l’environnement y est souvent massive. Des épidémies de typhus surviennent régulièrement dans ces structures, y compris chez des chats vaccinés, quand la pression infectieuse dépasse la protection vaccinale.

Bon à savoir

Le parvovirus félin ne se transmet pas à l’homme. Il peut infecter d’autres espèces sauvages comme le renard, le vison ou le raton laveur.

Les symptômes du typhus félin

La période d’incubation dure de 2 à 10 jours. Les premiers signes apparaissent de manière brutale. La gravité dépend de l’âge du chat, de son statut vaccinal et de l’état de son système immunitaire.

Les signes cliniques chez le chat adulte

Le parvovirus cible les cellules à division rapide : celles de la moelle osseuse, de la paroi intestinale et des ganglions lymphatiques. Cette attaque simultanée explique la brutalité des symptômes.

  • Fièvre élevée : 40 à 41 degrés Celsius, souvent le premier signe
  • Abattement profond : le chat refuse de bouger, reste prostré
  • Perte d’appétit complète : l’anorexie s’installe en quelques heures
  • Vomissements répétés : d’abord alimentaires, puis bilieux
  • Diarrhée : souvent hémorragique (présence de sang), liquide et malodorante
  • Déshydratation rapide : conséquence directe des vomissements et diarrhées

La chute des globules blancs (leucopénie) est la signature biologique de la maladie. Le système immunitaire s’effondre, ce qui expose le chat à des infections bactériennes secondaires.

Les formes particulières

Chez les chatons de moins de 8 semaines, le virus atteint aussi le cerveau et la rétine. Les signes neurologiques comprennent des tremblements, une démarche non coordonnée (ataxie cérébelleuse) et parfois une cécité. Ces atteintes sont irréversibles.

Chez les chattes gestantes, l’infection provoque des avortements, des mortinatalités ou des malformations chez les chatons survivants. L’hypoplasie cérébelleuse - un développement incomplet du cervelet - est la séquelle la plus fréquente chez les chatons nés de mères infectées.

Avis vétérinaire

Un chat qui présente une fièvre soudaine, des vomissements et un abattement marqué doit être présenté à un vétérinaire en urgence. Le typhus évolue rapidement et chaque heure compte pour la survie de l’animal.

Diagnostic de la panleucopénie féline

Le vétérinaire pose le diagnostic en combinant plusieurs éléments.

L’examen clinique

L’association fièvre élevée, abattement, vomissements et diarrhée chez un chat jeune ou non vacciné orienté fortement vers le typhus. Le vétérinaire palpe l’abdomen pour évaluer la douleur et la distension intestinale. Les ganglions lymphatiques sont souvent hypertrophiés.

Les examens de laboratoire

  • La numération formule sanguine (NFS) : elle révèle une leucopénie sévère. Le nombre de globules blancs chute de manière spectaculaire, parfois en dessous de 1 000 cellules par microlitre (la normale se situe entre 5 500 et 19 500).
  • Le test PCR : la réaction en chaîne par polymérase détecte directement l’ADN viral dans les selles ou un prélèvement sanguin. C’est le test le plus fiable.
  • Le test rapide ELISA : un kit SNAP, similaire à celui utilisé pour le parvovirus canin, permet un diagnostic en clinique en quelques minutes. Sa sensibilité est bonne mais un résultat négatif ne permet pas d’écarter définitivement la maladie.

Le vétérinaire écarte d’autres maladies aux symptômes proches : intoxication, corps étranger intestinal, salmonellose ou péritonite infectieuse féline (PIF).

Traitement du typhus chez le chat

Il n’existe pas de médicament antiviral efficace contre le parvovirus félin. Le traitement repose sur un soutien médical intensif visant à maintenir le chat en vie le temps que son système immunitaire combatte le virus.

La fluidothérapie

La perfusion intraveineuse est la première mesure mise en place. Elle compense les pertes hydriques liées aux vomissements et à la diarrhée, rétablit l’équilibre électrolytique et corrige l’hypoglycémie fréquente chez les jeunes chats.

Les traitements de soutien

  • Antibiotiques à large spectre : ils ne combattent pas le virus mais préviennent les infections bactériennes secondaires, rendues possibles par l’effondrement des globules blancs.
  • Anti-émétiques : maropitant (Cerenia) ou ondansétron pour contrôler les vomissements et permettre la reprise alimentaire.
  • Alimentation entérale : une sonde naso-oesophagienne peut être posée pour nourrir le chat quand les vomissements sont maîtrisés. Le maintien d’un apport nutritionnel accélère la réparation de la muqueuse intestinale.
  • Suivi de la glycémie et de la pression artérielle : la surveillance est rapprochée, surtout les premiers jours.

Le pronostic

Les chiffres sont clairs. Sans traitement, 80 à 90 % des chats atteints meurent. Chez les chatons, le taux de mortalité dépasse 90 %. Avec une prise en charge vétérinaire rapide, le taux de survie atteint environ 51 %, selon les données de l’hôpital vétérinaire FREGIS.

Un repère simple : si le chat survit plus de 5 jours après le début du traitement, les chances de guérison deviennent bonnes. Un chat guéri du typhus développe une immunité à vie contre le virus.

Attention

Le coût d’une hospitalisation pour typhus varie de 500 à 2 000 euros selon la durée des soins intensifs. Discutez des options avec votre vétérinaire dès l’admission.

Vaccination contre le typhus

La vaccination est le moyen de prévention le plus efficace contre la panleucopénie féline. Sur le carnet de santé du chat, le vaccin contre le typhus est désigné par la lettre “P” (pour Panleucopénie).

Le protocole vaccinal du chaton

La primovaccination suit un calendrier précis :

  • 8 semaines : première injection
  • 12 semaines : deuxième injection (rappel)
  • 16 à 20 semaines : troisième injection

Cet espacement de 3 à 4 semaines entre chaque dose est nécessaire pour contourner les anticorps maternels qui persistent chez le chaton et peuvent neutraliser le vaccin. La protection n’est complète qu’après la troisième injection.

Dans les élevages où le typhus a déjà sévi, la vaccination peut débuter dès l’âge de 4 à 6 semaines, avec des rappels rapprochés.

Les rappels chez le chat adulte

Le premier rappel a lieu un an après la primovaccination. Les rappels suivants sont espacés de 3 ans pour le vaccin contre le typhus, selon les recommandations actuelles. Le coryza, souvent associé dans le même vaccin, nécessite un rappel annuel.

Vaccin vivant atténué ou vaccin inactivé

Deux types de vaccins existent. Le vaccin à virus vivant atténué confère une immunité rapide (protection acquise en 7 jours) et durable. Il est contre-indiqué chez les chattes gestantes et les chats immunodéprimés. Le vaccin inactivé est plus sûr pour ces populations, mais sa protection est moins rapide et moins longue.

Le vétérinaire choisit le type de vaccin adapté au profil de chaque chat.

Prévenir la propagation du virus

Au-delà de la vaccination, des mesures d’hygiène limitent la circulation du virus, en particulier dans les foyers multi-chats et les collectivités.

La désinfection

L’eau de Javel diluée (1 volume pour 30 volumes d’eau) reste le seul désinfectant fiable contre le parvovirus félin. Les désinfectants à base d’alcool, d’ammonium quaternaire ou de chlorhexidine sont inefficaces. Toutes les surfaces, gamelles, litières et tissus en contact avec un chat malade doivent être traités. Les objets poreux (coussins, griffoirs en carton) sont à jeter.

L’isolement des chats malades

Un chat atteint de typhus doit être isolé des autres chats du foyer pendant toute la durée de la maladie et au moins 6 semaines après la guérison. L’excrétion virale dans les selles diminue progressivement mais peut persister plusieurs semaines.

Le délai avant l’introduction d’un nouveau chat

Après le décès ou la guérison d’un chat atteint de typhus, il est recommandé d’attendre plusieurs mois avant d’introduire un nouveau chat non vacciné dans le foyer. Le virus persiste dans l’environnement malgré la désinfection. Le nouveau chat doit impérativement être vacciné et avoir terminé son protocole de primovaccination.

Notre conseil

Retirez vos chaussures à l’entrée si vous vivez avec un chaton en cours de primovaccination. Le parvovirus peut être rapporté au domicile sous les semelles après un simple passage dans un parc ou un trottoir.

Cas particulier des chatons et des chatteries

Les chatons représentent la population la plus vulnérable face au typhus. Leur système immunitaire est immature et les anticorps maternels, transmis par le colostrum, ne les protègent que pendant les premières semaines de vie. La fenêtre de vulnérabilité se situe entre 4 et 12 semaines, période où les anticorps maternels déclinent sans que la vaccination ait encore pris le relais.

Dans les chatteries et les refuges, la gestion du typhus repose sur un protocole strict : vaccination précoce de tous les chatons, quarantaine de tout nouvel arrivant pendant 10 à 14 jours, désinfection systématique à l’eau de Javel, et surveillance quotidienne des signes cliniques (température, appétit, consistance des selles).

Un chaton qui présente des tremblements ou une démarche chancelante après la naissance peut souffrir d’hypoplasie cérébelleuse, conséquence d’une infection in utero. Ces chatons ne sont pas contagieux. Leur handicap est stable et beaucoup d’entre eux vivent correctement avec une adaptation de leur environnement (sol antidérapant, bacs à litière à rebords bas, gamelles stables).

Questions fréquentes

Le typhus du chat est-il transmissible à l'homme ?
Non, le parvovirus félin ne se transmet pas à l'homme. Il peut en revanche infecter d'autres félins, certains mustélidés et le raton laveur.
Un chat d'intérieur doit-il être vacciné contre le typhus ?
Oui. Le virus peut être rapporté au domicile sur les semelles de chaussures ou des vêtements contaminés. Tous les chats doivent être vaccinés, quel que soit leur mode de vie.
Un chat guéri du typhus peut-il être à nouveau contaminé ?
Non. Un chat qui survit au typhus développe une immunité à vie contre le parvovirus félin.

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