Calicivirose du chat : symptômes buccaux et prise en charge
La calicivirose du chat provoque ulcères buccaux, fièvre et troubles respiratoires. Symptômes, traitement vétérinaire, vaccination et prévention.
La toxoplasmose du chat inquiète les femmes enceintes. Symptômes chez le félin, risques pendant la grossesse, prévention et gestes d'hygiène à adopter.
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13 min
Publié le
11 février 2026
Auteur
La Rédaction Titiranol
La toxoplasmose est une maladie parasitaire provoquée par Toxoplasma gondii, un protozoaire intracellulaire présent sur tous les continents. Ce parasite infecte la plupart des animaux à sang chaud - mammifères, oiseaux - mais le chat (et les autres félidés) occupe une place particulière dans son cycle biologique : il est le seul hôte chez lequel T. gondii peut se reproduire de manière sexuée et produire des oocystes, la forme infectieuse du parasite.
On estime qu’un tiers de la population humaine mondiale a été en contact avec le toxoplasme. En France, la séroprévalence chez les femmes enceintes a régulièrement diminué : elle est passée de 54 % en 1995 à 44 % en 2003, puis à 37 % en 2010. Cette baisse reflète l’amélioration des conditions d’hygiène et l’évolution des habitudes alimentaires, mais elle signifie aussi qu’une proportion croissante de femmes n’est pas immunisée et reste vulnérable à une primo-infection pendant la grossesse.
Chez l’adulte en bonne santé, la toxoplasmose passe le plus souvent inaperçue. Elle devient en revanche préoccupante dans deux situations : chez les personnes immunodéprimées (VIH, chimiothérapie) et chez la femme enceinte non immunisée, avec un risque de transmission au foetus.
Le cycle du toxoplasme implique deux types d’hôtes.
Le chat se contamine en mangeant une proie infectée (rongeur, oiseau, lézard) ou en ingérant de la viande crue contenant des kystes du parasite. Une fois dans l’intestin du félin, T. gondii se reproduit par voie sexuée. Le chat excrète alors des millions d’oocystes dans ses selles pendant une période de 10 à 14 jours. Cette phase d’excrétion ne survient qu’une seule fois dans la vie du chat lors de la primo-infection. Après cette période, le système immunitaire du félin contrôle le parasite et le chat ne rejette plus d’oocystes.
Les oocystes fraîchement émis ne sont pas immédiatement dangereux. Ils doivent subir une maturation (sporulation) de 1 à 5 jours dans l’environnement pour devenir infectieux. Une fois sporulés, ils sont très résistants et survivent plusieurs mois dans le sol, l’eau et le sable.
Les herbivores (moutons, bovins, chevaux), les rongeurs, les oiseaux et l’homme jouent le rôle d’hôtes intermédiaires. Ils se contaminent en ingérant des oocystes sporulés présents dans l’environnement ou en consommant de la viande contenant des kystes tissulaires. Chez ces hôtes, le parasite forme des kystes dans les muscles et le cerveau, où il persiste à vie sous forme latente.
Le chat n’excrète des oocystes que pendant 10 à 14 jours au cours de sa vie, lors de sa première infection. Passé ce délai, il est immunisé et ne représente plus une source directe de contamination. Plus de la moitié des chats ont déjà été en contact avec le parasite sans jamais avoir été malades.
La grande majorité des chats infectés ne présente aucun signe clinique. Plus de la moitié des félins ont des anticorps contre T. gondii sans avoir jamais développé de symptômes. Quand la maladie se manifeste, elle touche surtout les chatons, les chats immunodéprimés (porteurs du FIV ou de la leucose féline) et les animaux âgés.
Les signes possibles :
Les chatons infectés par voie transplacentaire - c’est-à-dire contaminés in utero par leur mère - développent des symptômes plus sévères. Ils souffrent fréquemment de pneumopathies et d’atteintes hépatiques pouvant entraîner la mort.
La forme clinique la plus grave chez le chat adulte résulte souvent d’une réactivation d’une infection latente plutôt que d’une première contamination. Cette réactivation survient quand le système immunitaire de l’animal s’affaiblit.
Le diagnostic repose sur plusieurs approches complémentaires.
Une prise de sang permet de détecter les anticorps anti-T. gondii (IgG et IgM). La présence d’IgG seules indiqué une infection ancienne et une immunité acquise. La présence d’IgM, associée ou non à des IgG, suggère une infection récente ou en cours. La sérologie est surtout utile pour évaluer le risque de contamination pour l’entourage. Un chat séropositif en IgG a déjà été infecté et il est très peu probable qu’il excrète encore des oocystes.
Cette méthode a ses limites. La période d’excrétion ne dure que 10 à 14 jours et les oocystes ressemblent à ceux d’autres parasites intestinaux. Un résultat négatif ne garantit pas l’absence d’infection.
En cas de suspicion de toxoplasmose clinique (uvéite, troubles neurologiques), le vétérinaire peut demander une PCR sur des prélèvements oculaires ou sanguins, des radiographies thoraciques si une atteinte pulmonaire est suspectée, ou encore des analyses de liquide cérébrospinal.
Un chat qui présente une inflammation des yeux (rougeur, douleur, pupille modifiée), des convulsions, une faiblesse musculaire généralisée ou une difficulté respiratoire doit être examiné rapidement. Ces signes peuvent traduire une toxoplasmose active, en particulier chez un chat immunodéprimé.
La plupart des chats immunocompétents guérissent spontanément sans traitement spécifique. Leur système immunitaire contrôle le parasite, qui passe en phase latente sous forme de kystes tissulaires.
Quand un traitement est nécessaire - chez les chatons, les chats immunodéprimés ou en cas de signes cliniques marqués - le vétérinaire prescrit généralement :
Le traitement ne permet pas d’éliminer les kystes tissulaires latents. Il réduit l’inflammation et contrôle la multiplication active du parasite. Des rechutes sont possibles si le système immunitaire du chat faiblit à nouveau.
C’est le sujet qui génère le plus d’inquiétude - et aussi le plus d’idées reçues. Le chat est souvent désigné comme la menace principale pour la femme enceinte. La réalité est plus nuancée.
La contamination humaine par T. gondii se produit de trois manières :
Le contact direct avec un chat (caresses, proximité) ne transmet pas la toxoplasmose. Le parasite ne se trouve ni dans la salive ni sur le pelage du félin.
La France dispose d’un programme de dépistage prénatal parmi les plus complets au monde. Dès la première consultation de grossesse, le médecin prescrit une sérologie toxoplasmique. Trois situations se présentent :
En France, environ 37 % des femmes enceintes sont immunisées contre la toxoplasmose (données 2010). Cela signifie que près de 2 femmes sur 3 ne sont pas protégées et doivent appliquer les mesures de prévention tout au long de la grossesse.
Quand une femme enceinte non immunisée contracte la toxoplasmose pour la première fois pendant sa grossesse, le parasite peut traverser le placenta et infecter le foetus. Le risque de transmission et la gravité des conséquences dépendent du trimestre de la grossesse au moment de l’infection.
Le risque de transmission au foetus est faible (environ 10 à 15 %). Mais si le parasite atteint le foetus à ce stade, les conséquences sont les plus graves : fausse couche, malformations cérébrales sévères (hydrocéphalie, calcifications intracrâniennes), retard psychomoteur.
Le risque de transmission augmente (environ 30 %). Les atteintes possibles incluent des troubles neurologiques, des lésions oculaires (choriorétinite) et des anomalies viscérales. Les conséquences restent sérieuses, mais les formes les plus dévastatrices sont moins fréquentes qu’au premier trimestre.
Le risque de transmission est le plus élevé (60 à 80 %). Les lésions sont généralement moins sévères. Beaucoup d’enfants contaminés à ce stade naissent sans symptôme apparent. Un suivi ophtalmologique et neurologique à long terme reste nécessaire, car des lésions oculaires (choriorétinite) peuvent se manifester des mois ou des années après la naissance.
Chaque année, 200 à 300 cas de toxoplasmose congénitale sont notifiés au Centre national de référence. Cela représente environ 3 à 4 cas pour 10 000 naissances vivantes. Parmi ces cas, 10 % présentent des symptômes à la naissance (dont un quart de formes graves) et plus de 10 % aboutissent à une interruption médicale de grossesse. La majorité des enfants nés après une infection in utero ne présentent pas de problème de santé, grâce à la prise en charge précoce permise par le dépistage systématique.
Si une séroconversion est détectée, le médecin prescrit immédiatement de la spiramycine, un antibiotique qui réduit le risque de passage transplacentaire du parasite. En cas d’infection foetale confirmée par amniocentèse, un traitement associant pyriméthamine et sulfadiazine peut être instauré.
La prévention repose sur des gestes simples qui ciblent les deux voies principales de contamination : l’alimentation et le contact avec les oocystes.
Le risque lié à la litière du chat est réel mais maîtrisable. Voici les mesures spécifiques recommandées par les autorités sanitaires et les vétérinaires.
Nettoyage quotidien
C’est la mesure la plus efficace. Les oocystes fraîchement excrétés par le chat mettent au minimum 24 heures pour devenir infectieux. Un nettoyage de la litière une fois par jour - voire deux fois - empêche leur maturation et supprime le risque de contamination domestique.
Délégation du nettoyage
Les femmes enceintes non immunisées doivent idéalement déléguer le nettoyage de la litière à un autre membre du foyer. Si ce n’est pas possible, le port de gants jetables et un lavage des mains après la manipulation restent des mesures de protection suffisantes.
Désinfection du bac
Laver le bac à litière une fois par semaine avec de l’eau à plus de 70 degrés Celsius détruit les oocystes résiduels. Les produits ménagers classiques (eau de Javel diluée) sont moins efficaces que la chaleur seule contre ce parasite.
Alimentation du chat
Nourrir le chat exclusivement avec des aliments industriels (croquettes, pâtée en conserve) et lui interdire la viande crue supprime son risque de contamination. Un chat d’intérieur nourri de cette manière a une probabilité quasi nulle d’excréter des oocystes.
Seul 1 % des chats excrètent des oocystes à un moment donné de leur vie. Ce chiffre concerne les chats ayant accès à l’extérieur ou consommant de la viande crue. Un chat qui vit en appartement et mange des croquettes ne présente pratiquement aucun risque de transmission de la toxoplasmose.
La réponse est non. Les associations vétérinaires et les autorités de santé sont unanimes sur ce point. Le contact direct avec le chat - le caresser, le porter, dormir dans la même pièce - ne transmet pas la toxoplasmose. Le parasite se trouve dans les selles du chat, pas sur sa peau ni dans sa salive.
Les études épidémiologiques montrent que la principale source de contamination humaine n’est pas le chat mais l’alimentation : viande insuffisamment cuite et crudités mal lavées. En France, la consommation de viande saignante reste le facteur de risque numéro un.
Quelques précautions suffisent pour cohabiter sereinement avec un chat pendant la grossesse :
Ces gestes, combinés aux précautions alimentaires générales, réduisent le risque de contamination à un niveau négligeable.
La toxoplasmose du chat est un sujet qui suscite des peurs souvent disproportionnées par rapport au risque réel. Le chat joue un rôle dans le cycle du parasite, mais il est loin d’être la seule source de contamination humaine - ni même la principale.
Pour les femmes enceintes non immunisées, les mesures de prévention sont simples et efficaces. Le dépistage prénatal systématique en France permet une détection précoce et une prise en charge rapide en cas de contamination. La cohabitation avec un chat pendant la grossesse reste tout à fait possible à condition de respecter quelques règles d’hygiène.
Pour le chat lui-même, la toxoplasmose est rarement une maladie grave. La grande majorité des félins infectés ne développe aucun symptôme et acquiert une immunité durable après la primo-infection. Les chats porteurs du FIV ou de la leucose féline méritent en revanche un suivi vétérinaire rapproché : leur système immunitaire affaibli peut permettre une réactivation du parasite avec des conséquences sévères.
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