Calicivirose du chat : symptômes buccaux et prise en charge
La calicivirose du chat provoque ulcères buccaux, fièvre et troubles respiratoires. Symptômes, traitement vétérinaire, vaccination et prévention.
L'hyperthyroïdie du chat est la maladie hormonale la plus fréquente chez le chat âgé. Symptômes, diagnostic, traitements et espérance de vie.
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11 min
Publié le
12 février 2025
Auteur
La Rédaction Titiranol
L’hyperthyroïdie est la maladie hormonale la plus fréquente chez le chat de plus de 10 ans. Elle résulte d’une surproduction d’hormones thyroïdiennes - la thyroxine (T4) et la triiodothyronine (T3) - par la glande thyroïde. Ces hormones contrôlent le métabolisme général du chat. Quand leur taux grimpe, l’organisme entier s’emballe : le coeur bat plus vite, les calories sont brûlées à un rythme anormal, les organes s’usent.
La thyroïde du chat se compose de deux lobes situés de chaque côté de la trachée, dans la partie haute du cou. Dans 98% des cas, l’hyperthyroïdie est causée par une hyperplasie bénigne ou un adénome - une tumeur non cancéreuse qui grossit lentement et sécrète des hormones en excès. Le carcinome thyroïdien, forme maligne, ne représente que 1 à 2% des cas.
La maladie a été décrite pour la première fois chez le chat en 1979. Depuis, sa prévalence ne cesse d’augmenter. Les vétérinaires la diagnostiquent chaque semaine. Les raisons de cette augmentation ne sont pas totalement claires : meilleur dépistage, allongement de la durée de vie des chats, mais aussi facteurs environnementaux suspects.
L’origine exacte de l’hyperthyroïdie féline reste mal comprise. Les chercheurs soupçonnent plusieurs facteurs qui agissent en combinaison.
La maladie touche presque exclusivement les chats de plus de 8 ans. L’âge moyen au diagnostic se situe autour de 12 à 13 ans. Un chat de 6 ans atteint d’hyperthyroïdie, ça reste rare. Mais les vétérinaires recommandent de ne pas écarter ce diagnostic chez un chat plus jeune si les signes cliniques correspondent.
Plusieurs études ont mis en évidence des pistes environnementales :
Aucun de ces facteurs n’a été formellement prouvé comme cause directe. La réalité est probablement multifactorielle.
Il n’existe pas de prédisposition claire de race. Les chats siamois et himalayens semblent moins touchés, mais les données restent limitées. Mâles et femelles sont atteints dans des proportions comparables.
Les hormones thyroïdiennes agissent sur presque tous les organes. Les symptômes sont donc multiples et parfois trompeurs. Ils s’installent souvent de manière progressive, sur plusieurs mois, ce qui complique la détection précoce.
Dans environ 10% des cas, le chat présente paradoxalement un abattement et une perte d’appétit au lieu de l’hyperactivité classique. On parle d‘“hyperthyroïdie apathique”. Ce tableau atypique retarde souvent le diagnostic.
D’autres signes possibles : difficulté à respirer, halètement, faiblesse musculaire, perte de poils par plaques, griffes qui poussent plus vite et plus épaisses.
Si un chat de plus de 8 ans perd du poids alors qu’il mange normalement ou davantage, une prise de sang s’impose. L’hyperthyroïdie est la première cause à rechercher.
Le vétérinaire commence par palper la région du cou. Dans plus de 80% des cas, un nodule thyroïdien est palpable - une petite masse ferme d’un côté ou des deux côtés de la trachée. Ce geste simple orienté déjà le diagnostic.
L’auscultation révèle souvent un souffle cardiaque, une tachycardie ou un bruit de galop. La pesée confirme l’amaigrissement. L’examen général peut aussi montrer une déshydratation, un pelage en mauvais état ou une fonte musculaire.
Le dosage de la thyroxine totale (T4 totale) est le test de première intention. Une valeur supérieure à la normale confirme le diagnostic chez un chat qui présente des symptômes. La T4 totale normale du chat se situe entre 10 et 50 nmol/L selon les laboratoires.
Quand la T4 totale est dans la fourchette haute de la normale mais que les signes cliniques suggèrent une hyperthyroïdie, le vétérinaire peut demander un dosage de la T4 libre. Ce test est plus sensible et détecte des cas précoces que la T4 totale manque.
Un bilan sanguin complet accompagne presque toujours le dosage thyroïdien. Il permet de vérifier le fonctionnement des reins (créatinine, SDMA) et du foie (ALAT). L’élévation des enzymes hépatiques est fréquente chez le chat hyperthyroïdien et se normalise généralement avec le traitement.
Certains chats hyperthyroïdiens ont une T4 totale normale au premier dosage. En cas de suspicion clinique forte, le vétérinaire recommandé de répéter l’analyse 2 à 4 semaines plus tard ou de doser la T4 libre.
Quatre options existent. Le choix dépend de l’âge du chat, de son état de santé global, de la présence éventuelle d’une maladie rénale, et du budget du propriétaire.
Le méthimazole (Félimazole, Thiaféline) et le carbimazole (Vidalta) sont les molécules utilisées. Elles bloquent la production d’hormones thyroïdiennes en inhibant une enzyme, la peroxydase thyroïdienne.
Le protocole habituel : 2,5 à 5 mg de thiamazole par jour, en une ou deux prises. Le vétérinaire ajuste la dose en fonction des bilans sanguins de contrôle, le premier ayant lieu 4 semaines après le début du traitement, puis tous les 3 à 6 mois.
Le coût mensuel est modéré : environ 30 euros par mois pour le médicament, auxquels s’ajoutent les bilans sanguins périodiques (entre 28 et 70 euros selon les paramètres dosés).
Les effets secondaires touchent environ 10% des chats : perte d’appétit, vomissements, démangeaisons du visage et du cou, abattement. Plus rarement, une toxicité hépatique ou une chute des globules blancs peut survenir. Dans ces cas, le traitement doit être arrêté et une alternative envisagée.
Le méthimazole ne guérit pas l’hyperthyroïdie. Il la contrôle. Le traitement dure toute la vie du chat. Si les comprimés sont arrêtés, les symptômes reviennent.
C’est le traitement de référence, celui que la plupart des spécialistes recommandent quand il est accessible et que l’état rénal du chat le permet. Une injection sous-cutanée ou intraveineuse d’iode 131 détruit sélectivement le tissu thyroïdien malade tout en épargnant les tissus sains.
L’efficacité est élevée : 95% des chats sont guéris après une seule injection. Le traitement est définitif, sans besoin de médicaments à vie.
Les contraintes : le chat doit être hospitalisé dans un centre spécialisé pendant 1 à 2 semaines, le temps qu’il ne soit plus radioactif. En France, ce traitement est disponible dans quelques centres seulement (Oncovet à Villeneuve-d’Ascq, Micenvet à Créteil). Le coût varie entre 1000 et 2000 euros.
L’ablation chirurgicale d’un ou des deux lobes thyroïdiens est un traitement curatif. Elle convient surtout aux chats avec une atteinte unilatérale confirmée et sans maladie rénale associée.
Les risques chirurgicaux existent : anesthésie générale chez un chat souvent âgé, risque d’hypocalcémie si les glandes parathyroïdes sont lésées accidentellement, risque de récidive si du tissu thyroïdien anormal n’est pas retiré. Une stabilisation préalable par méthimazole pendant 7 à 10 jours est recommandée pour réduire les risques anesthésiques liés à la cardiomyopathie.
Des aliments vétérinaires spécifiques (comme le Hill’s y/d) contiennent très peu d’iode. La thyroïde, privée de cet élément, ne peut plus fabriquer d’hormones en excès.
Une étude a montré que 7 chats sur 8 retrouvaient des taux d’hormones thyroïdiennes normaux après 8 semaines de régime strict. Le régime doit être exclusif : aucun autre aliment, aucune friandise, aucun accès à la nourriture d’un autre chat. Cette contrainte rend le traitement difficile dans les foyers avec plusieurs animaux.
Le régime ne guérit pas la maladie. L’arrêt du régime entraîne un retour de l’hyperthyroïdie.
L’hyperthyroïdie masque souvent une insuffisance rénale. Le traitement, quel qu’il soit, peut révéler ou aggraver un problème rénal caché. Le vétérinaire surveille la fonction rénale à chaque contrôle.
C’est le point le plus délicat de la prise en charge. L’hyperthyroïdie et la maladie rénale chronique sont les deux maladies les plus fréquentes chez le chat âgé. Elles coexistent souvent chez le même animal.
Le lien est complexe. L’hyperthyroïdie augmente le débit sanguin rénal et la filtration glomérulaire. Les reins “fonctionnent mieux” en apparence. La créatinine sanguine reste basse, ce qui masque une insuffisance rénale sous-jacente.
Quand le traitement antithyroïdien normalise les hormones, le débit rénal diminue. La créatinine monte. L’insuffisance rénale, jusque-là invisible, se révèle. Dans certains cas, les signes rénaux (anorexie, perte de poids, vomissements) deviennent plus gênants que l’hyperthyroïdie elle-même.
C’est pour cette raison que les vétérinaires commencent presque toujours par un traitement médicamenteux réversible. Si la fonction rénale se dégrade trop sous méthimazole, la dose est réduite pour trouver un équilibre entre contrôle thyroïdien et préservation rénale. Les traitements définitifs (iode radioactif, chirurgie) ne sont envisagés qu’une fois l’impact rénal évalué.
Une étude rassurante montre que les chats qui développent une azotémie légère après traitement de l’hyperthyroïdie gardent un bon pronostic à long terme.
Un chat hyperthyroïdien traité nécessite un suivi vétérinaire régulier, quel que soit le traitement choisi.
Pour le traitement médicamenteux :
Pour l’iode radioactif ou la chirurgie :
L’objectif est de ramener la T4 dans la moitié inférieure de l’intervalle de référence, sans la faire chuter trop bas (risque d’hypothyroïdie). La créatinine doit rester stable ou n’augmenter que modérément. La pression artérielle doit redescendre sous 160 mmHg.
Le chat sous méthimazole prend son médicament chaque jour, en une ou deux prises. Certains propriétaires utilisent un gel transdermique appliqué dans l’oreille quand le chat refuse les comprimés. Des solutions buvables existent aussi (Apelka).
Le chat traité par iode radioactif ou chirurgie n’a plus besoin de médicament une fois la guérison confirmée. La vie reprend normalement.
Avec un traitement adapté et un suivi régulier, l’espérance de vie d’un chat hyperthyroïdien est proche de celle d’un chat sain du même âge. La maladie touche des chats déjà seniors - souvent entre 12 et 15 ans - et le pronostic dépend surtout des maladies associées.
L’iode radioactif offre le meilleur taux de survie à long terme. Le traitement médicamenteux bien suivi donne aussi de bons résultats, même s’il ne guérit pas la maladie. Les chats sous méthimazole vivent souvent plusieurs années après le diagnostic.
Sans traitement, l’évolution est mauvaise. L’hyperthyroïdie entraîne une cardiomyopathie hypertrophique (épaississement du muscle cardiaque), une hypertension qui abîme les reins et les yeux, des arythmies cardiaques. Le chat maigrit jusqu’à la cachexie. Des lésions rétiniennes provoquées par l’hypertension peuvent entraîner une cécité brutale.
Un bilan sanguin annuel incluant la T4 est recommandé pour tous les chats de plus de 10 ans, même en l’absence de symptômes. La détection précoce améliore le pronostic.
Il n’existe pas de moyen garanti de prévenir l’hyperthyroïdie féline. Quelques mesures de bon sens peuvent réduire l’exposition aux facteurs de risque suspects :
Ces précautions n’éliminent pas le risque, mais elles s’inscrivent dans une approche globale de santé pour le chat vieillissant.
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