Chat malade avec les yeux larmoyants et le nez qui coule
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Le coryza du chat : symptômes, traitement et prévention

Le coryza du chat est une maladie virale contagieuse. Symptômes, agents responsables, traitement vétérinaire, vaccination et prévention complète.

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10 min

Publié le

11 février 2026

Auteur

La Rédaction Titiranol

Sommaire

Qu’est-ce que le coryza du chat

Le coryza du chat est une maladie infectieuse qui touche les voies respiratoires supérieures du félin. Souvent comparé à une grippe, il associe plusieurs agents pathogènes - virus et bactéries - qui provoquent des symptômes respiratoires, oculaires et buccaux. La maladie est très répandue : elle figure parmi les affections les plus fréquentes en médecine féline, en particulier dans les élevages, les refuges et les foyers avec plusieurs chats.

Le terme “coryza” désigne en réalité un syndrome, pas une maladie unique. Plusieurs micro-organismes agissent seuls ou en combinaison. La gravité dépend de l’agent impliqué, de l’âge du chat et de son état immunitaire. Un chat adulte en bonne santé peut guérir spontanément en 8 à 10 jours. Un chaton, un chat âgé ou un animal immunodéprimé risque des complications graves, voire la mort, sans prise en charge vétérinaire.

La maladie n’est pas transmissible à l’homme ni au chien. Elle se propage uniquement entre félins.

Les agents responsables du coryza

L’herpèsvirus félin (FHV-1)

L’Herpèsvirus félin de type 1 est l’agent le plus souvent impliqué dans le coryza. Sa prévalence dans les populations de chats malades atteint 20 à 50% selon les études. Ce virus cible les voies respiratoires supérieures et les yeux. Il provoque des éternuements violents, un écoulement nasal et une conjonctivite marquée.

Un chat infecté par le FHV-1 reste porteur à vie. Le virus se loge de manière latente dans le ganglion trijumeau. Un stress (déménagement, arrivée d’un autre animal, chirurgie) peut réactiver le virus et déclencher une nouvelle crise. Cette particularité explique les rechutes observées chez de nombreux chats, parfois des années après la primo-infection.

Le calicivirus félin (FCV)

Le calicivirus félin est le second virus majeur du coryza. Il se distingue par sa capacité à provoquer des ulcères buccaux - sur la langue, les gencives et le palais - qui rendent l’alimentation douloureuse. Le chat bave, refuse de manger et présente souvent une mauvaise haleine. La prévalence du FCV chez les chats atteints de troubles respiratoires se situe entre 10 et 50%.

Après guérison, le calicivirus peut persister au niveau de la gorge. Le chat excrète alors en continu de petites quantités de virus et contamine les animaux de son entourage sans présenter de symptômes visibles. On parle de porteur sain.

Bactéries associées

Plusieurs bactéries compliquent le tableau clinique du coryza :

  • Chlamydophila felis : provoque une conjonctivite sévère avec un écoulement oculaire purulent. Prévalence inférieure à 10% dans les études cliniques.
  • Bordetella bronchiseptica : responsable de toux et de troubles respiratoires. Prévalence estimée sous les 15%.
  • Mycoplasma spp. : bactéries opportunistes qui aggravent les infections virales existantes.

Ces bactéries s’installent souvent en surinfection quand le système immunitaire du chat est déjà affaibli par les virus. C’est cette combinaison virus-bactéries qui rend le coryza potentiellement dangereux.

Bon à savoir

Le coryza n’est pas provoqué par un seul microbe. C’est un syndrome qui associe plusieurs virus et bactéries. Chaque chat peut présenter un tableau clinique différent selon les agents impliqués.

Les symptômes du coryza chez le chat

Les premiers signes apparaissent 2 à 5 jours après la contamination. Cette période d’incubation courte explique la vitesse de propagation dans les collectivités félines.

Signes respiratoires

Les éternuements répétitifs sont souvent le premier symptôme. Le chat présente un écoulement nasal d’abord clair et liquide, qui peut devenir épais et jaunâtre en cas de surinfection bactérienne. La congestion nasale gêne la respiration : le chat respire par la bouche, ronfle et perd l’odorat. Cette perte d’odorat entraine une baisse d’appétit - le chat ne sent plus sa nourriture et refuse de manger.

Dans les formes avancées, l’infection peut descendre vers les bronches et les poumons. Une pneumonie se développe alors, avec toux, difficulté respiratoire et détresse visible.

Signes oculaires

La conjonctivite est très fréquente. Les yeux sont rouges, gonflés et présentent un écoulement aqueux à purulent. Les paupières collent entre elles, surtout au réveil. L’herpèsvirus peut provoquer des ulcères cornéens douloureux, parfois visibles à l’oeil nu. Sans traitement, ces lésions oculaires risquent d’évoluer vers la chronicité ou la cécité.

Signes buccaux et généraux

Le calicivirus provoque des ulcères dans la cavité buccale. Le chat salive de manière excessive, a du mal à avaler et présente une haleine fétide. La fièvre dépasse souvent 40 degrés. L’animal est abattu, déshydraté et perd du poids rapidement. Un chat qui cesse totalement de manger pendant plus de 48 heures est en danger : les félins sont sensibles à la lipidose hépatique, une atteinte du foie liée au jeûne prolongé.

Avis vétérinaire

Un chat qui ne mange plus, qui a de la fièvre ou qui respire par la bouche doit être examiné par un vétérinaire dans les 24 heures. Le coryza peut évoluer rapidement vers une forme grave chez les chatons et les chats fragiles.

Comment le coryza se transmet

La transmission se fait principalement par contact direct entre chats. Les sécrétions nasales, oculaires et salivaires contiennent de fortes quantités de virus. Un simple frottement de museau, un partage de gamelle ou de litière suffit.

La contamination peut aussi se produire de manière indirecte. Les virus du coryza survivent plusieurs heures à plusieurs jours dans l’environnement selon les conditions. Les vêtements, les chaussures et les mains d’un propriétaire ayant touché un chat malade peuvent véhiculer les agents pathogènes. Un chat d’intérieur sans contact direct avec d’autres félins peut donc contracter la maladie.

Les populations les plus à risque :

  • Les chatons de 2 à 12 semaines, dont le système immunitaire est immature
  • Les chats vivant en collectivité (refuge, chatterie, pension)
  • Les chats porteurs du FIV (sida du chat) ou de la leucose féline
  • Les chats soumis à un stress récent (déménagement, arrivée d’un nouvel animal, séparation)

Le chat est contagieux dès les premières heures de l’infection, parfois avant l’apparition des symptômes. Un chat guéri peut rester porteur et excréteur de virus pendant des mois, voire des années. Les phases de réactivation, déclenchées par le stress, le rendent à nouveau contagieux pour son entourage.

Diagnostic du coryza

Le vétérinaire pose le diagnostic principalement sur la base des signes cliniques. L’association d’éternuements, d’écoulement nasal, de conjonctivite et de fièvre orienté fortement vers un coryza, surtout si le chat vit en collectivité ou a été adopté récemment.

Un diagnostic de certitude passe par un test PCR réalisé à partir d’écouvillons conjonctivaux ou buccaux. Ce test identifié avec précision le ou les agents pathogènes en cause. Il n’est pas systématiquement demandé en pratique courante : le traitement est souvent mis en place sur la base de l’examen clinique, sans attendre les résultats de laboratoire.

Le vétérinaire vérifie également l’état général du chat - hydratation, température corporelle, état des muqueuses - pour évaluer la gravité et adapter la prise en charge.

Traitement du coryza chez le chat

Le traitement vétérinaire

Il n’existe pas de médicament unique capable d’éliminer les virus du coryza. Le traitement est symptomatique et vise à soutenir l’organisme pendant que le système immunitaire combat l’infection.

Les prescriptions courantes :

  • Antibiotiques (comprimés, gouttes ou injections) : ne ciblent pas les virus mais traitent et préviennent les surinfections bactériennes. Durée habituelle : 7 à 14 jours.
  • Anti-inflammatoires : réduisent la fièvre et la douleur.
  • Collyres antibiotiques ou antiviraux : appliqués directement dans les yeux pour traiter la conjonctivite et les ulcères cornéens.
  • Antiviraux oraux : réservés aux cas sévères ou récidivants, en particulier contre l’herpèsvirus.
  • Nébulisations : aident à fluidifier les sécrétions nasales chez les chats très congestionnés.
  • L-lysine : acide aminé utilisé en complément pour freiner la multiplication de l’herpèsvirus. Administré en cure orale.

Dans les cas graves, une hospitalisation sous perfusion est nécessaire pour réhydrater l’animal et lui administrer les médicaments par voie intraveineuse. L’alimentation assistée (sonde naso-oesophagienne) peut s’avérer nécessaire si le chat refuse de manger depuis plus de 48 heures.

Attention

Les huiles essentielles sont toxiques pour les chats. Ne jamais en utiliser en diffusion ou en application pour tenter de soigner un coryza. Même en faible dose, elles peuvent provoquer des troubles neurologiques et hépatiques graves.

Les soins à la maison

En complément du traitement vétérinaire, plusieurs gestes aident le chat à mieux supporter la maladie :

  • Nettoyer le nez et les yeux avec du sérum physiologique tiède, 2 à 3 fois par jour, à l’aide d’une compresse stérile.
  • Humidifier l’air de la pièce où vit le chat. Un humidificateur ou une serviette humide sur un radiateur fluidifie les sécrétions et facilité la respiration.
  • Réchauffer légèrement la nourriture humide pour en libérer les arômes. Un chat congestionné perd l’odorat et refuse souvent de manger. La pâtée tiède stimule son appétit.
  • Maintenir le chat dans un environnement calme, propre et à température stable.
  • Isoler le chat malade des autres félins du foyer pour limiter la contagion.

Les trois formes du coryza

Coryza aigu

La forme classique. Les symptômes (fièvre, éternuements, écoulement nasal, conjonctivite) apparaissent brutalement et durent en général 8 à 10 jours. Avec un traitement rapide, la guérison est complète dans la majorité des cas.

Coryza avancé

Les voies respiratoires profondes sont atteintes. La fièvre est élevée, les muqueuses très enflammées. Les risques de pneumonie, d’ulcères cornéens profonds et de détresse respiratoire augmentent. Cette forme nécessite une prise en charge vétérinaire intensive.

Coryza chronique

Les symptômes persistent au-delà de trois semaines ou reviennent régulièrement. Le chat présente des écoulements nasaux récurrents, des éternuements fréquents et parfois des lésions oculaires permanentes. Le passage à la forme chronique est favorisé par une infection mal soignée, un système immunitaire affaibli ou des maladies concomitantes comme le FIV ou la leucose féline.

L’espérance de vie d’un chat porteur de coryza chronique n’est pas forcément réduite. Les crises surviennent souvent après un stress et peuvent être gérées avec un traitement adapté à chaque épisode.

Vaccination et prévention

Le vaccin contre le coryza

La vaccination est le moyen le plus efficace de protéger un chat contre le coryza. Elle cible les deux principaux virus (herpèsvirus et calicivirus) et parfois Chlamydophila felis.

Le protocole vaccinal :

  • Primovaccination du chaton : à partir de 8 semaines, avec 2 à 3 injections espacées de 3 à 4 semaines.
  • Chat adulte jamais vacciné : 2 injections à 3-4 semaines d’intervalle.
  • Rappel : annuel pour maintenir la protection.

L’efficacité du vaccin dépasse 80% pour la réduction des formes graves. Un chat vacciné peut malgré tout contracter la maladie, mais les symptômes seront atténués et la contagiosité réduite. Le vaccin diminue la charge virale excrétée, ce qui protège aussi les autres chats du foyer.

Le vaccin est recommandé par la WSAVA (World Small Animal Veterinary Association) et par l’ABCD (European Advisory Board on Cat Diseases). Il fait partie du protocole vaccinal standard en France, souvent associé au typhus et à la leucose (protocole TCL).

Mesures d’hygiène complémentaires

La vaccination ne dispense pas de gestes de prévention simples :

  • Laver les mains et changer de vêtements après avoir touché un chat inconnu ou malade.
  • Désinfecter les gamelles, litières et couchages régulièrement.
  • Isoler immédiatement tout chat présentant des symptômes respiratoires.
  • Aérer les locaux et maintenir une bonne ventilation, surtout dans les foyers multi-chats.
  • Éviter les sources de stress inutiles (changements brusques d’environnement, surpopulation).
Notre conseil

Même un chat d’intérieur doit être vacciné contre le coryza. Les virus peuvent entrer dans le foyer sur les chaussures ou les vêtements. Le rappel annuel garantit une protection durable.

Quand consulter en urgence

Certains signes imposent une visite vétérinaire rapide, dans les 24 heures :

  • Le chat refuse toute nourriture et toute eau depuis plus d’un jour.
  • La fièvre est élevée (truffe sèche et chaude, abattement marqué).
  • Le chat respire par la bouche ou présente une respiration sifflante.
  • Les écoulements nasaux ou oculaires sont très abondants, épais ou sanglants.
  • Le chat est un chaton de moins de 12 semaines.
  • L’état général se dégrade rapidement (prostration, déshydratation visible).

Un chaton atteint de coryza constitue une urgence vétérinaire. Son système immunitaire, encore immature, ne peut pas combattre efficacement les agents pathogènes. Sans traitement, l’état se dégrade en quelques jours.

Les chats porteurs du FIV ou de la leucose sont également à surveiller de près. Leur immunodépression rend chaque épisode de coryza potentiellement grave.

Questions fréquentes

Le coryza du chat est-il transmissible à l'homme ?
Non. Les virus responsables du coryza (herpèsvirus félin, calicivirus) ne se transmettent pas à l'homme. La maladie est en revanche très contagieuse entre chats, y compris via les vêtements ou les chaussures du propriétaire.
Mon chat d'intérieur peut-il attraper le coryza ?
Oui. Les virus du coryza peuvent être transportés dans le foyer par les semelles de chaussures, les vêtements ou les mains. Un chat qui ne sort jamais reste exposé et doit être vacciné.
Combien coûte le traitement du coryza chez le chat ?
Le coût varie selon la gravité. Une consultation vétérinaire avec traitement de base (antibiotiques, anti-inflammatoires, collyre) coûte entre 60 et 150 euros. Une hospitalisation avec perfusion peut dépasser 300 euros.

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