Un chat roux allongé avec la gueule légèrement ouverte
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Mon chat respire fort : causes et signes d'urgence

Un chat qui respire fort ou rapidement peut signaler un problème grave. Fréquence normale, causes, signes d'urgence et premiers gestes à adopter.

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5 min

Publié le

10 février 2025

Auteur

La Rédaction Titiranol

Sommaire

La respiration normale du chat

Un chat au repos respire entre 20 et 30 fois par minute. Les mouvements respiratoires sont discrets, réguliers et silencieux. Le thorax se soulève légèrement à chaque inspiration, sans effort visible des muscles abdominaux.

Pour mesurer la fréquence respiratoire de votre chat, comptez le nombre de mouvements du thorax pendant 30 secondes et multipliez par deux. Faites cette mesure quand le chat dort ou se repose calmement, car l’excitation, le jeu ou le stress faussent le résultat.

Un chat en bonne santé ne respire jamais la gueule ouverte au repos. Contrairement au chien, le halètement n’est pas un mécanisme normal de thermorégulation chez le félin. Un chat qui respire bouche ouverte au repos présente un symptôme anormal qui mérite une attention immédiate.

Les différents types de respiration anormale

La tachypnée (respiration rapide)

La fréquence dépasse 40 respirations par minute. Les mouvements thoraciques sont rapides mais pas forcément forcés. Le chat peut sembler agité ou au contraire rester immobile.

La dyspnée (difficulté respiratoire)

Le chat fait un effort visible pour respirer. Les narines se dilatent à chaque inspiration (battement des ailes du nez), les muscles de l’abdomen se contractent, le chat étend le cou vers l’avant et écarte les coudes du corps pour élargir sa cage thoracique.

Le halètement (respiration gueule ouverte)

Le chat respire la bouche ouverte, parfois avec la langue sortie. Chez le chien c’est banal, chez le chat c’est un signal d’alarme - sauf dans quelques situations précises (jeu intense bref, forte chaleur passagère, stress du transport en voiture).

Les bruits respiratoires anormaux

  • Sifflements (wheezing) : son aigu à l’expiration, évoque un bronchospasme (asthme)
  • Ronflements inhabituels : obstruction nasale ou du pharynx
  • Gargouillis : liquide dans les voies respiratoires
  • Craquements : possible oedème pulmonaire

Les causes d’une respiration forte chez le chat

Causes bénignes et transitoires

La chaleur : par températures élevées (au-delà de 30 degrés), un chat peut haleter brièvement. Cet état doit se résoudre en quelques minutes une fois le chat au frais. Si le halètement persiste, il peut s’agir d’un coup de chaleur.

Le stress et la peur : un trajet en voiture, une visite chez le vétérinaire ou un bruit violent (orage, feux d’artifice) peuvent provoquer une respiration rapide temporaire.

L’effort physique : après une session de jeu intense, un chat peut respirer rapidement pendant une à deux minutes. Le retour à la normale doit être rapide.

Causes respiratoires

L’asthme félin touche environ 1 à 5% des chats. Les bronches se contractent par spasme, rendant l’expiration difficile. Le chat tousse (parfois confondu avec une tentative de vomissement), siffle à l’expiration et respire avec effort. Les crises peuvent être déclenchées par la poussière, la fumée de cigarette, les parfums d’ambiance ou les litières poussiéreuses.

La pneumonie (infection pulmonaire) s’accompagne de fièvre, de toux, d’écoulements nasaux et d’une respiration laborieuse. Elle peut être bactérienne, virale ou par fausse route (inhalation de nourriture ou de liquide).

Les corps étrangers : un brin d’herbe coincé dans le nasopharynx ou un objet inhalé provoque une détresse respiratoire soudaine avec agitation.

Causes cardiaques

La cardiomyopathie hypertrophique (CMH) est la maladie cardiaque la plus fréquente chez le chat. Le muscle cardiaque s’épaissit, le coeur pompe moins bien, et du liquide peut s’accumuler dans les poumons (oedème pulmonaire) ou autour d’eux (épanchement pleural). Le chat respire vite, refuse de bouger et parfois tousse.

Certaines races sont prédisposées : Maine Coon, Ragdoll, British Shorthair, Sphynx. La CMH peut aussi toucher n’importe quel chat, y compris les chats de gouttière.

L’épanchement pleural

Du liquide s’accumule entre les poumons et la paroi thoracique, empêchant les poumons de se déployer correctement. Les causes sont multiples : insuffisance cardiaque, péritonite infectieuse féline (PIF), lymphome thoracique, pyothorax (infection). Le chat respire avec l’abdomen, le thorax bouge peu, et il reste assis ou debout car la position couchée aggrave la gêne.

L’anémie

Un chat sévèrement anémique (suite à une hémorragie, une maladie chronique ou une infestation massive de puces chez le chaton) respire vite pour compenser le manque de globules rouges. Les muqueuses sont pâles (gencives blanches ou très claires au lieu de roses).

Quand c’est une urgence

Rendez-vous chez le vétérinaire en urgence (dans l’heure) si :

  • Le chat respire la gueule ouverte au repos depuis plus de cinq minutes
  • La fréquence respiratoire dépasse 50 respirations par minute au repos
  • Les muqueuses (gencives, langue) sont bleues ou violettes (cyanose)
  • Le chat est en position orthopnéique : assis, cou tendu, coudes écartés, refus de se coucher
  • Les mouvements abdominaux sont fortement visibles à chaque respiration
  • Le chat s’effondre ou perd connaissance

La détresse respiratoire est l’une des urgences les plus graves chez le chat. Une insuffisance respiratoire peut devenir fatale en quelques heures.

Premiers gestes en attendant le vétérinaire

Réduisez le stress : placez le chat dans un endroit calme, frais et aéré. Ne le manipulez pas inutilement. Le stress aggrave la détresse respiratoire.

Ne forcez pas la position : laissez le chat adopter la posture qui lui convient. S’il reste assis, ne le forcez pas à se coucher.

Rafraîchissez si nécessaire : en cas de suspicion de coup de chaleur, appliquez des linges humides frais (pas glacés) sur les coussinets et les oreilles.

Ne donnez rien par la bouche : un chat en détresse respiratoire risque une fausse route si on tente de le faire boire ou manger.

Transportez avec précaution : placez le chat dans sa caisse de transport sur un linge, sans le comprimer. Gardez la caisse à plat et conduisez calmement.

Diagnostic vétérinaire

Le vétérinaire ausculte d’abord les poumons et le coeur avec un stéthoscope. Selon les résultats, il peut réaliser une radiographie thoracique, une échographie cardiaque, une prise de sang ou une ponction pleurale si du liquide est suspecté.

Le traitement dépend de la cause : bronchodilatateurs et corticoïdes pour l’asthme, diurétiques et médicaments cardiaques pour l’insuffisance cardiaque, antibiotiques pour la pneumonie, drainage pour l’épanchement pleural, oxygénothérapie dans les cas graves.

Toute modification durable de la respiration de votre chat mérite une consultation. Même si les signes semblent légers, les maladies respiratoires et cardiaques du chat progressent souvent silencieusement avant de se manifester par une crise aiguë.

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