Chat avec la gueule ouverte montrant des gencives enflammées lors d'un examen vétérinaire
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Calicivirose du chat : symptômes buccaux et prise en charge

La calicivirose du chat provoque ulcères buccaux, fièvre et troubles respiratoires. Symptômes, traitement vétérinaire, vaccination et prévention.

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11 min

Publié le

11 février 2026

Auteur

La Rédaction Titiranol

Sommaire

Qu’est-ce que la calicivirose féline

La calicivirose est une maladie infectieuse du chat provoquée par le calicivirus félin, abrégé FCV (Féline Calicivirus). Ce virus à ARN appartient à la famille des Caliciviridae. Il existe en de nombreuses souches, ce qui explique la grande variété des tableaux cliniques observés d’un chat à l’autre.

Le calicivirus félin est l’un des deux agents viraux principaux du coryza, avec l’herpèsvirus félin (FHV-1). Là où l’herpèsvirus touche surtout les yeux et le nez, le FCV se distingue par son tropisme buccal. Il provoque des ulcères dans la gueule - sur la langue, les gencives, le palais et les lèvres - qui rendent l’alimentation très douloureuse.

La maladie est répandue dans le monde entier. Elle touche les chats de tout âge, mais les chatons, les chats âgés et les animaux immunodéprimés développent les formes les plus graves. Le calicivirus est retrouvé chez la quasi-totalité des chats souffrant de stomatite ou de gingivite chronique, selon les données de l’ABCD (European Advisory Board on Cat Diseases).

La calicivirose n’est pas transmissible à l’homme ni au chien. Elle reste strictement une maladie des félidés.

Comment le calicivirus se transmet

Le FCV est très contagieux. La contamination se fait par contact direct avec un chat infecté - par les sécrétions nasales, oculaires et surtout salivaires. Un frottement de museau, un léchage mutuel ou le partage d’une gamelle suffisent.

Les voies de contamination

  • Sécrétions buccales et nasales : la voie principale. Un chat qui éternue projette des gouttelettes chargées en virus sur un rayon de 1 à 2 mètres.
  • Objets contaminés : gamelles, jouets, litières, couvertures. Le calicivirus survit de 1 à 4 semaines sur les surfaces, selon les conditions d’humidité et de température.
  • Mains et vêtements : un propriétaire ayant caressé un chat infecté peut transporter le virus et le déposer dans son propre foyer.
  • Porteurs sains : des chats apparemment en bonne santé excrètent le virus en continu par la salive. Ils contaminent leur entourage sans que personne ne s’en doute.

Une maladie qui circule vite en collectivité

Les refuges, les élevages et les pensions félines concentrent des animaux aux statuts immunitaires variés. Le virus y circule facilement, porté par les courants d’air et les contacts rapprochés. Un seul porteur sain peut déclencher une épidémie dans un groupe de chats non vaccinés.

Bon à savoir

Le calicivirus félin survit jusqu’à 4 semaines sur les surfaces. Un nettoyage régulier à l’eau de Javel diluée (1 dose pour 30 doses d’eau) détruit le virus de manière fiable. Les désinfectants ménagers classiques ne sont pas toujours efficaces.

Symptômes de la calicivirose chez le chat

La période d’incubation dure de 2 à 6 jours. Les premiers signes ressemblent à un rhume, puis les lésions buccales apparaissent et orientent le diagnostic.

Ulcères buccaux

C’est le signe le plus caractéristique du calicivirus. Des ulcérations douloureuses se forment sur la langue, le palais dur, les gencives et les lèvres. Le chat salive de façon excessive, parfois au point que la bave coule en permanence le long du menton. L’haleine devient fétide. L’animal refuse de manger parce que chaque bouchée provoque une douleur vive. Dans les cas sévères, les ulcères s’étendent au nez et, plus rarement, à la peau.

Signes respiratoires

Les éternuements sont fréquents. Le chat présente un écoulement nasal d’abord clair, qui peut épaissir et devenir jaunâtre en cas de surinfection bactérienne. La congestion nasale le prive de son odorat, ce qui aggrave le refus de s’alimenter. Une conjonctivite avec écoulement oculaire accompagne souvent le tableau.

Fièvre et abattement

La température corporelle monte jusqu’à 40 degrés Celsius, parfois au-delà. Le chat est léthargique, prostré et se désintéresse de son environnement. La déshydratation s’installe vite quand l’animal cesse de boire et de manger.

Boiterie

Certains chats développent une boiterie soudaine sans lésion articulaire visible. Il s’agit d’une arthrite transitoire provoquée par le virus, qui touche une ou plusieurs articulations. Ce signe est plus fréquent chez les chatons. La boiterie disparaît spontanément en quelques jours.

Avis vétérinaire

Un chat qui ne mange plus depuis 24 heures, qui bave de manière anormale ou qui présente des ulcères visibles dans la gueule doit être examiné rapidement par un vétérinaire. Les félins sont sensibles à la lipidose hépatique, une atteinte grave du foie déclenchée par le jeûne prolongé.

Les différentes formes de la maladie

La gravité de la calicivirose varie fortement selon la souche virale, l’âge du chat et l’état de son système immunitaire.

Forme aiguë classique

La plus courante. Les symptômes (fièvre, ulcères buccaux, signes respiratoires légers) durent de 5 à 10 jours. La plupart des chats adultes en bonne santé guérissent spontanément ou avec un traitement de soutien. Des complications bactériennes peuvent prolonger la convalescence.

Forme chronique

Chez certains chats, l’infection ne disparaît jamais complètement. Le virus persiste dans la gorge et provoque une stomatite chronique - une inflammation permanente de la muqueuse buccale. Les gencives sont rouges, épaissies, parfois boursoufflées. Le chat mange avec difficulté, perd du poids et souffre au quotidien. Cette forme est difficile à traiter et nécessite un suivi vétérinaire régulier.

Le calicivirus est mis en évidence chez presque tous les chats atteints de gingivite ou de stomatite chronique. Le lien entre le virus et cette inflammation persistante est bien documenté par la littérature vétérinaire.

Forme systémique virulente (VS-FCV)

C’est la forme la plus grave. Elle est causée par des souches particulièrement agressives du calicivirus. Les symptômes initiaux ressemblent à une calicivirose classique (fièvre, ulcères, signes respiratoires), mais l’état du chat se dégrade rapidement avec :

  • Des oedèmes de la face et des membres
  • Un ictère (jaunissement des muqueuses)
  • Des lésions ulcératives sur la tête et les pattes
  • Des signes de défaillance de plusieurs organes

La mortalité de cette forme atteint 67 % selon les données de l’ABCD. Elle frappe plus sévèrement les chats adultes que les chatons, et même des animaux vaccinés peuvent être touchés. Les épidémies de VS-FCV surviennent surtout en collectivité (refuges, cliniques vétérinaires).

Diagnostic du calicivirus félin

Le vétérinaire suspecte la calicivirose devant l’association d’ulcères buccaux, de fièvre et de signes respiratoires. L’examen clinique de la cavité buccale est un moment clé : la présence d’ulcères sur la langue ou le palais orienté fortement le diagnostic.

Confirmation par PCR

L’analyse de référence est la RT-PCR (Reverse Transcription Polymerase Chain Réaction). Le vétérinaire réalise un écouvillon buccal ou conjonctival et l’envoie au laboratoire. La PCR détecte l’ARN viral avec une grande sensibilité. Elle peut aussi être réalisée sur le sang ou des raclages cutanés en cas de forme systémique.

En pratique courante, beaucoup de vétérinaires traitent sur la base de l’examen clinique sans demander de PCR, car la calicivirose est fréquente et les signes buccaux sont évocateurs. La confirmation par PCR est surtout utile dans les collectivités, pour identifier la souche en circulation et adapter les mesures sanitaires.

Diagnostic différentiel

Le vétérinaire écarte d’autres causes possibles des symptômes : herpèsvirus félin (davantage oculaire), stomatite d’origine immunitaire, corps étranger buccal ou maladie dentaire. Les analyses sanguines (numération formule, biochimie) complètent le bilan et permettent d’évaluer l’état général du chat.

Traitement de la calicivirose

Il n’existe pas de médicament antiviral capable d’éliminer le calicivirus. Le traitement est symptomatique : il soutient l’organisme pendant que le système immunitaire combat l’infection.

Traitement vétérinaire

Les prescriptions varient selon la gravité :

  • Anti-inflammatoires : réduisent la douleur et l’inflammation des muqueuses buccales. La méloxicam est l’anti-inflammatoire le plus utilisé chez le chat.
  • Antibiotiques à large spectre : ne ciblent pas le virus, mais préviennent ou traitent les surinfections bactériennes. Amoxicilline-acide clavulanique ou doxycycline en première intention.
  • Anesthésiques locaux : gel ou spray appliqué sur les ulcères buccaux pour soulager la douleur au moment des repas.
  • Fluidothérapie : perfusion intraveineuse ou sous-cutanée pour les chats déshydratés qui refusent de boire.
  • Sonde d’alimentation : posée par le vétérinaire quand le chat ne mange plus du tout. Elle permet de lui administrer une alimentation liquide directement dans l’estomac, sans passer par la gueule douloureuse.
  • Interféron oméga félin (Virbagen) : un immunomodulateur qui stimule les défenses antivirales. Son efficacité varie selon les études et son coût reste élevé (200 à 400 euros par cure).

Une hospitalisation de un à plusieurs jours est nécessaire dans les formes sévères avec déshydratation, anorexie prolongée ou atteinte respiratoire profonde.

Attention

Ne donnez jamais de paracétamol ou d’ibuprofène à un chat. Ces médicaments humains sont toxiques pour les félins, même à très faible dose. Seul un vétérinaire peut prescrire un anti-douleur adapté à l’espèce.

Coût du traitement

Le budget varie selon la gravité de l’atteinte :

  • Consultation vétérinaire : 40 à 70 euros
  • Tests diagnostiques (PCR) : 50 à 150 euros
  • Antibiothérapie (7 à 10 jours) : 20 à 40 euros
  • Anti-inflammatoires et antalgiques : 15 à 30 euros
  • Hospitalisation (si nécessaire) : 150 à 400 euros par jour

Soins à domicile

En complément du traitement prescrit par le vétérinaire, des gestes simples améliorent le confort du chat pendant la convalescence.

  • Réchauffer la nourriture humide : la pâtée tiédie dégage plus d’arômes et stimule l’appétit d’un chat dont l’odorat est compromis par la congestion. Mixer finement les aliments facilité la déglutition quand la gueule est douloureuse.
  • Nettoyer le nez et les yeux : avec du sérum physiologique tiède et une compresse stérile, 2 à 3 fois par jour. Cela dégage les voies respiratoires et limite les surinfections.
  • Humidifier l’air ambiant : un humidificateur ou une serviette humide posée sur un radiateur fluidifie les sécrétions et facilité la respiration.
  • Isoler le chat malade : dans une pièce séparée, avec sa propre litière et ses propres gamelles. Cette mesure protège les autres chats du foyer.
  • Désinfecter le matériel : gamelles, litière, couvertures et jouets doivent être nettoyés à l’eau de Javel diluée (1 pour 30). Le virus résiste aux désinfectants classiques.

Vaccination et prévention

Le vaccin contre le calicivirus

La vaccination reste le moyen le plus efficace de limiter la gravité de la calicivirose. Le vaccin fait partie du protocole standard en France, souvent associé à la protection contre l’herpèsvirus félin et le typhus (protocole RCP).

Le protocole vaccinal recommandé :

  • Primovaccination du chaton : première injection dès 8 semaines, puis une seconde injection 3 à 4 semaines plus tard. Certains protocoles ajoutent une troisième injection à 16 semaines.
  • Chat adulte jamais vacciné : 2 injections à 3-4 semaines d’intervalle.
  • Rappels : annuels pour les chats à risque (accès extérieur, collectivité), tous les 1 à 3 ans pour les chats d’intérieur selon l’évaluation du vétérinaire.

Le vaccin ne protège pas contre toutes les souches du calicivirus - il en existe trop de variants. Mais il réduit la sévérité des symptômes et diminue la quantité de virus excrétée par un chat infecté, ce qui freine la propagation dans l’entourage.

Mesures d’hygiène

La vaccination seule ne suffit pas. Des gestes de prévention complètent la protection :

  • Laver les mains après avoir touché un chat inconnu ou malade
  • Désinfecter les gamelles, jouets et litières à l’eau de Javel diluée
  • Isoler tout chat nouvellement adopté pendant 10 à 14 jours avant de l’introduire auprès des autres
  • Éviter la surpopulation féline dans un même foyer
  • Surveiller les signes buccaux chez les chats vivant en groupe
Notre conseil

Même un chat d’intérieur doit être vacciné contre le calicivirus. Le virus peut entrer dans le foyer sur les semelles de chaussures ou les mains du propriétaire. Le rappel vaccinal garantit une protection durable contre les formes graves.

Le portage chronique du calicivirus

Un aspect mal connu de la calicivirose : beaucoup de chats guéris cliniquement restent porteurs du virus. Après la disparition des symptômes, le FCV persiste dans les amygdales et la gorge. Le chat excrète alors le virus par la salive, en continu ou par intermittence, sans montrer aucun signe de maladie.

La durée du portage varie. Certains chats éliminent le virus en quelques semaines. D’autres le conservent pendant des mois, voire toute leur vie. Un chat porteur sain représente un réservoir silencieux : il contamine les animaux de son entourage, en particulier les chatons non vaccinés ou les chats immunodéprimés.

Le stress peut réactiver l’excrétion virale chez un porteur. Un déménagement, une hospitalisation ou l’arrivée d’un nouveau chat dans le foyer sont des facteurs déclenchants courants.

Dans les collectivités, le portage chronique entretient la circulation du virus et rend l’éradication très difficile. C’est l’une des raisons pour lesquelles la vaccination de tous les chats, y compris ceux qui semblent en bonne santé, est si importante.

Quand consulter en urgence

Certains signes imposent une visite vétérinaire sans attendre :

  • Le chat refuse toute nourriture et toute eau depuis plus de 24 heures
  • La bave est abondante, teintée de sang ou accompagnée d’une odeur très forte
  • La fièvre est élevée (truffe sèche et chaude, abattement marqué)
  • Le chat présente un gonflement du visage ou des pattes
  • La respiration est difficile, bruyante ou le chat respire par la bouche
  • Le chat est un chaton de moins de 12 semaines
  • L’animal est porteur du FIV ou de la leucose féline

Un chaton non vacciné qui développe des ulcères buccaux et de la fièvre constitue une urgence. Son système immunitaire ne peut pas contenir seul l’infection. La prise en charge rapide conditionne la survie et limite les séquelles buccales chroniques.

Questions fréquentes

La calicivirose du chat est-elle transmissible à l'homme ?
Non. Le calicivirus félin (FCV) est spécifique aux félins. Il ne se transmet ni à l'homme, ni au chien, ni à aucune autre espèce domestique.
Mon chat d'intérieur peut-il attraper la calicivirose ?
Oui. Le virus peut entrer dans le foyer par les semelles de chaussures, les vêtements ou les mains d'un propriétaire ayant été en contact avec un chat infecté. Tous les chats doivent être vaccinés, même ceux qui ne sortent pas.
Un chat guéri de la calicivirose reste-t-il contagieux ?
Souvent, oui. Après guérison, de nombreux chats deviennent porteurs sains. Ils excrètent le virus par la salive pendant des semaines, des mois, parfois toute leur vie, sans présenter de symptômes visibles.

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