Un chat roux se grattant l'oreille sur un rebord de fenêtre ensoleillé
🐱 Mammifères

Anti-puces pour chat : prévention et traitement

Comprendre le cycle de vie des puces, reconnaître une infestation, choisir le bon traitement anti-puces et protéger votre chat toute l'année.

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6 min

Publié le

10 février 2025

Auteur

La Rédaction Titiranol

Sommaire

Le cycle de vie de la puce

La puce du chat (Ctenocephalides felis) passe par quatre stades de développement : oeuf, larve, nymphe (pupe) et adulte. Seules les puces adultes vivent sur le chat. Elles ne représentent qu’environ 5 % de la population totale de puces dans un environnement infesté. Les 95 % restants - oeufs, larves et nymphes - se trouvent dans le logement : moquettes, fentes de parquet, coussins, paniers du chat.

Le cycle complet

Une puce femelle adulte pond entre 20 et 50 oeufs par jour directement sur le pelage du chat. Ces oeufs, lisses et non adhérents, tombent dans l’environnement en quelques heures. Les larves éclosent en 2 à 14 jours selon la température et l’humidité. Elles se nourrissent de débris organiques et de déjections de puces adultes (contenant du sang séché) pendant 5 à 20 jours avant de tisser un cocon et de devenir des nymphes.

Le stade nymphe est le plus résistant. Le cocon protège la puce en développement contre les insecticides et les conditions climatiques défavorables. Une nymphe peut rester dormante pendant plusieurs mois, jusqu’à ce qu’elle détecte des vibrations, de la chaleur ou du CO2 - signes de la présence d’un hôte. C’est pourquoi une infestation peut réapparaître dans un logement resté vide pendant des semaines.

Reconnaître une infestation

Signes sur le chat

  • Grattage fréquent et intense, en particulier autour du cou, de la base de la queue et du ventre
  • Crottes de puces : petits grains noirs dans le pelage, visibles en écartant les poils. Pour confirmer, déposez ces grains sur un papier absorbant humide - s’ils laissent une trace rouge-brun, il s’agit de sang digéré, donc de déjections de puces
  • Perte de poils par zones, souvent symétrique, liée au grattage et au léchage excessif
  • Présence de vers plats (Dipylidium caninum) dans les selles ou autour de l’anus - le chat s’infeste en avalant des puces porteuses de larves de ténia pendant sa toilette

La dermatite par allergie aux piqûres de puces (DAPP)

Certains chats développent une allergie à la salive de puce. Une seule piqûre suffit à déclencher une réaction inflammatoire sévère : démangeaisons intenses, croûtes, perte de poils étendue, lésions cutanées suintantes. Ces chats nécessitent un traitement anti-puces particulièrement rigoureux, sans interruption, car la moindre piqûre relance la réaction allergique.

Types de traitements anti-puces

Pipettes (spot-on)

Le traitement le plus répandu. Le liquide est appliqué directement sur la peau, entre les omoplates du chat (zone qu’il ne peut pas lécher). Le produit se diffuse dans la couche lipidique de la peau en 24 à 48 heures. L’application se renouvelle toutes les 4 semaines en moyenne. Évitez de baigner le chat dans les 48 heures suivant l’application.

Comprimés oraux

Les comprimés anti-puces agissent par voie systémique : le principe actif circule dans le sang du chat et tue la puce lorsqu’elle se nourrit. Certains comprimés agissent en quelques heures (4 à 8 heures pour tuer les puces adultes). L’avantage : pas de produit sur le pelage, donc pas de risque de transfert sur les enfants ou les autres animaux lors de caresses. L’administration peut être difficile avec les chats qui refusent les comprimés.

Colliers anti-puces

Les colliers libèrent progressivement un principe actif sur le pelage du chat pendant plusieurs mois (jusqu’à 8 mois pour certains modèles). Leur efficacité est inégale : elle diminue à mesure qu’on s’éloigne du cou. Choisissez un collier avec système de sécurité à ouverture rapide pour éviter les risques d’étranglement si le chat s’accroche à une branche ou un meuble.

Sprays

Les sprays anti-puces s’appliquent sur l’ensemble du pelage. Leur action est rapide mais la couverture est moins homogène que celle des pipettes. Beaucoup de chats détestent le bruit du spray et la sensation d’humidité sur leur fourrure, ce qui complique l’application.

Principes actifs courants

  • Fipronil : paralyse le système nerveux de la puce, présent dans de nombreuses pipettes grand public
  • Sélamectine : traite les puces, certains vers et la gale des oreilles - produit polyvalent sur ordonnance
  • Fluralaner : principe actif à longue durée d’action (12 semaines par prise orale), efficace contre les puces et les tiques

Le choix du produit dépend de l’âge du chat, de son poids, de son mode de vie (intérieur ou extérieur) et d’éventuelles pathologies. Un vétérinaire peut orienter vers la molécule la plus adaptée.

Ne jamais utiliser un anti-puces pour chien sur un chat

Les anti-puces destinés aux chiens contiennent souvent de la perméthrine, un insecticide de la famille des pyréthrinoïdes. Les chats ne possèdent pas l’enzyme hépatique (glucuronyl transférase) nécessaire pour métaboliser cette substance. L’exposition à la perméthrine provoque chez le chat des tremblements musculaires, des convulsions, une hyperthermie et peut entraîner la mort en l’absence de traitement d’urgence.

Cette intoxication survient quand un propriétaire applique un anti-puces pour chien directement sur le chat, mais aussi quand un chat se frotte contre un chien récemment traité à la perméthrine. Si un chien et un chat cohabitent, vérifiez toujours la composition du produit utilisé sur le chien et séparez les animaux pendant les 24 heures suivant l’application.

En cas d’exposition accidentelle, amenez le chat chez un vétérinaire en urgence. Un lavage et un traitement anticonvulsivant peuvent sauver l’animal s’ils sont administrés rapidement.

Traiter l’environnement

Traiter le chat sans traiter le logement revient à ignorer 95 % du problème. Les actions à mener :

  • Aspirateur : passez l’aspirateur sur toutes les surfaces textiles (moquettes, tapis, coussins, canapé) au moins tous les deux jours pendant une infestation. Les vibrations de l’aspirateur stimulent l’éclosion des nymphes, les rendant vulnérables aux traitements. Jetez le sac ou videz le bac de l’aspirateur après chaque passage
  • Lavage à 60 degrés : lavez les housses de coussin, les draps, les plaids et le panier du chat à 60 degrés minimum pour tuer oeufs et larves
  • Foggers ou sprays d’environnement : les produits contenant un adulticide (tue les puces adultes) et un régulateur de croissance des insectes (IGR, empêche les oeufs et larves de se développer) offrent la couverture la plus complète. Suivez les instructions de sécurité : aération de la pièce, éloignement des animaux et des aquariums pendant le traitement

Calendrier de prévention

La prévention anti-puces doit être maintenue toute l’année dans les régions à climat tempéré ou dans les logements chauffés, où les puces survivent en hiver. L’interruption du traitement en automne est une erreur fréquente - les nymphes en dormance dans le logement éclosent dès que le chauffage est rallumé.

Pour les chats d’intérieur strict, le risque est réduit mais pas nul. Les puces peuvent entrer dans le logement via les chaussures, les vêtements ou un autre animal de passage.

Répulsifs naturels : efficacité limitée

La terre de diatomée, le vinaigre de cidre ou l’huile de coco sont parfois présentés comme alternatives naturelles. Leur efficacité n’est pas prouvée par des études vétérinaires contrôlées. La terre de diatomée peut irriter les voies respiratoires du chat si elle est inhalée. Les huiles essentielles (citronnelle, lavande, tea tree) sont toxiques pour les chats et ne doivent jamais être appliquées sur leur peau ou diffusées dans leur environnement.

Ces méthodes peuvent éventuellement compléter un traitement vétérinaire mais ne doivent pas le remplacer, surtout en cas d’infestation active ou chez les chats allergiques aux piqûres de puces.

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