Un chaton tigré mangeant dans une gamelle en céramique
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Alimentation du chat et du chaton : guide complet par âge

Du chaton au chat senior, découvrez les besoins nutritionnels du chat à chaque étape de sa vie. Aliments interdits, régime BARF, alimentation maison et hydratation.

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8 min

Publié le

10 février 2025

Auteur

La Rédaction Titiranol

Sommaire

Le chat, carnivore strict

Le chat domestique (Felis catus) est un carnivore strict, aussi appelé carnivore obligé. Son organisme tire ses nutriments principalement des tissus animaux. Cette particularité métabolique le distingue du chien, qui est omnivore.

Trois éléments illustrent cette dépendance aux protéines animales :

  • La taurine : cet acide aminé est présent uniquement dans les tissus animaux. Le chat ne peut pas le synthétiser en quantité suffisante. Une carence en taurine provoque une cardiomyopathie dilatée, une dégénérescence rétinienne et des troubles de la reproduction.
  • L’acide arachidonique : cet acide gras se trouve dans les graisses animales. Le chat ne dispose pas de l’enzyme (delta-6-désaturase) nécessaire pour le fabriquer à partir de précurseurs végétaux.
  • La vitamine A préformée : contrairement au chien ou à l’humain, le chat ne convertit pas le bêta-carotène végétal en vitamine A. Il doit la recevoir directement à partir de foie, de poisson ou de compléments.

Le système digestif du chat est aussi adapté à ce régime : un intestin court (environ 1,5 mètre), un estomac très acide (pH 1 à 2) et une faible production d’amylase salivaire, l’enzyme qui démarre la digestion des amidons.

Les besoins nutritionnels par étape de vie

Le chaton (0 à 12 mois)

Les quatre premières semaines, le chaton se nourrit exclusivement du lait maternel. Ce lait contient environ 40 % de protéines, 25 % de matières grasses et 26 % de lactose sur matière sèche. Si la mère est absente, un lait maternisé spécifique pour chaton remplace le lait maternel. Le lait de vache est inadapté : il contient trop de lactose et provoque des diarrhées.

Le sevrage commence vers 4 semaines et se termine entre 7 et 8 semaines. On introduit progressivement une mousse ou une pâtée pour chaton, diluée avec un peu d’eau tiède les premiers jours.

De 2 à 12 mois, le chaton a besoin de 200 à 250 kcal par kilogramme de poids corporel et par jour, soit deux à trois fois plus qu’un adulte. Les aliments “chaton” ou “kitten” sont formulés avec un taux élevé de protéines (minimum 35 % sur matière sèche), de calcium, de phosphore et de DHA (acide docosahexaénoïque), un acide gras oméga-3 utile au développement cérébral et rétinien.

La fréquence des repas recommandée est de 4 à 6 repas par jour jusqu’à 4 mois, puis 3 à 4 repas par jour jusqu’à 12 mois.

Le chat adulte (1 à 7 ans)

Un chat adulte d’intérieur de 4 kg a besoin de 200 à 250 kcal par jour. Un chat actif avec accès à l’extérieur peut monter à 300 kcal. Les protéines doivent représenter au minimum 26 % de la matière sèche (norme FEDIAF), mais les experts en nutrition féline recommandent plutôt 40 à 50 %.

Le taux de matières grasses se situe entre 9 et 15 % sur matière sèche. Les glucides ne représentent pas un besoin physiologique pour le chat, mais la plupart des aliments commerciaux en contiennent entre 20 et 40 %. Un taux inférieur à 15 % est préférable.

Deux repas par jour constituent le rythme standard pour un adulte.

Le chat senior (à partir de 7 ans)

Le métabolisme ralentit avec l’âge. Le chat senior a tendance à perdre de la masse musculaire et à prendre de la graisse abdominale. Les aliments “senior” augmentent légèrement le taux de protéines digestibles pour compenser cette perte musculaire, tout en contrôlant l’apport calorique total.

Les besoins en phosphore diminuent : un excès de phosphore accélère la progression de l’insuffisance rénale chronique, une maladie qui touche 30 à 40 % des chats de plus de 10 ans. Les aliments senior contiennent donc un taux de phosphore réduit (inférieur à 1 % sur matière sèche).

Les antioxydants (vitamine E, sélénium, polyphénols) et les acides gras oméga-3 (EPA et DHA) sont souvent ajoutés pour soutenir les fonctions cognitives et articulaires.

Trois à quatre petits repas par jour facilitent la digestion chez le chat âgé.

La chatte gestante et allaitante

La gestation dure 63 à 65 jours. Les besoins énergétiques augmentent progressivement à partir de la troisième semaine et atteignent 1,5 fois les besoins normaux en fin de gestation. Pendant la lactation, les besoins peuvent tripler, surtout si la portée est nombreuse (5 chatons ou plus).

Un aliment “chaton” convient parfaitement à la chatte gestante et allaitante : sa densité énergétique et son taux de protéines couvrent ces besoins accrus. L’alimentation doit être proposée à volonté pendant toute la durée de la lactation.

Les aliments interdits

Plusieurs aliments courants dans les cuisines humaines sont toxiques pour le chat.

Le chocolat

Le chocolat contient de la théobromine, un alcaloïde que le chat métabolise très lentement. La dose toxique se situe autour de 80 à 200 mg de théobromine par kilogramme de poids corporel. Le chocolat noir contient 5 à 8 mg de théobromine par gramme. Quelques carrés de chocolat noir suffisent à intoxiquer un chat de 4 kg. Les symptômes incluent des vomissements, de la diarrhée, une hyperactivité, des tremblements et des troubles cardiaques.

L’oignon et l’ail

Tous les alliums (oignon, ail, échalote, poireau, ciboulette) contiennent des thiosulfates qui détruisent les globules rouges du chat par stress oxydatif. L’intoxication peut survenir même avec de petites quantités répétées. L’ail est cinq fois plus concentré en thiosulfates que l’oignon. Les symptômes apparaissent 1 à 5 jours après l’ingestion : faiblesse, muqueuses pâles, urine foncée.

Le raisin

Le mécanisme exact de la toxicité du raisin (frais ou sec) reste mal compris, mais il provoque une insuffisance rénale aiguë chez le chat. Quelques grains de raisin sec peuvent suffire. Les premiers signes sont des vomissements, une anorexie et une diminution de la production d’urine.

Le xylitol

Cet édulcorant présent dans les chewing-gums, certains bonbons et des produits “sans sucre” provoque une libération massive d’insuline chez le chat. L’hypoglycémie qui en résulte peut entraîner des convulsions et un coma. Des doses plus élevées causent une insuffisance hépatique.

Autres aliments à éviter

  • Avocat : la persine contenue dans la chair, le noyau et la peau est toxique.
  • Café et thé : la caféine a les mêmes effets que la théobromine.
  • Noix de macadamia : provoque faiblesse musculaire et tremblements.
  • Os cuits : ils se fragmentent en esquilles coupantes qui perforent le tube digestif.

Le régime BARF : avantages et limites

Le régime BARF (Biologically Appropriate Raw Food) consiste à nourrir le chat avec de la viande crue, des os charnus, des abats et parfois une petite proportion de légumes.

Les arguments en faveur

Les partisans du BARF soulignent la proximité avec l’alimentation naturelle du chat sauvage. La viande crue conserve ses enzymes et ses vitamines intactes (la cuisson détruit une partie de la thiamine, par exemple). Les selles des chats nourris au BARF sont généralement plus petites et moins odorantes, signe d’une meilleure digestibilité. Certains propriétaires rapportent aussi une amélioration de la qualité du pelage.

Les risques

Le principal danger est bactériologique. La viande crue peut contenir des Salmonella, E. coli, Listeria et Toxoplasma gondii. Le chat peut rester porteur asymptomatique tout en excrétant ces bactéries, ce qui constitue un risque pour les humains du foyer, surtout les personnes immunodéprimées et les femmes enceintes.

Le déséquilibre nutritionnel est l’autre risque. Sans formulation précise, les rations BARF manquent souvent de calcium (si les os charnus sont insuffisants), de taurine (qui se dégrade à l’air libre) ou d’iode. Une supplémentation et un suivi vétérinaire sont nécessaires.

Alimentation maison ou industrielle

L’alimentation maison permet de contrôler chaque ingrédient, mais elle demande du temps et des connaissances en nutrition féline. Une ration maison équilibrée comprend de la viande (60 à 70 %), des abats (10 à 15 %), une source de calcium, une huile riche en acides gras et un complément minéral-vitamine (CMV) spécifique pour chat. Sans CMV, des carences apparaissent en quelques semaines.

L’alimentation industrielle (croquettes et pâtées de qualité) offre l’avantage d’être formulée pour couvrir tous les besoins du chat, avec des ratios précis validés par des analyses de laboratoire. Elle est plus pratique, plus stable et généralement moins coûteuse que le fait-maison.

Le choix entre les deux dépend du budget, du temps disponible et de la volonté de s’investir dans la formulation. Dans les deux cas, la régularité et l’équilibre nutritionnel restent les critères les plus importants.

L’eau : un besoin souvent sous-estimé

Un chat de 4 kg a besoin d’environ 200 à 250 ml d’eau par jour, toutes sources confondues (eau de boisson + eau contenue dans la nourriture). Les chats nourris exclusivement aux croquettes boivent davantage, mais compensent rarement la totalité du déficit hydrique.

Pour encourager le chat à boire :

  • Placer plusieurs points d’eau dans la maison, loin de la litière et de la gamelle de nourriture.
  • Utiliser une fontaine à eau : le mouvement de l’eau attire beaucoup de chats.
  • Changer l’eau au moins une fois par jour.
  • Tester différents récipients : certains chats préfèrent les bols larges et peu profonds, d’autres les verres hauts.

Une hydratation insuffisante augmente le risque de maladies urinaires et rénales, deux des affections les plus fréquentes chez le chat domestique.

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