Un chat couché sur le côté avec un regard fatigué
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Mon chat ne mange plus du tout : urgence et conduite à tenir

Votre chat a soudainement arrêté de manger ? Découvrez les causes médicales, le risque de lipidose hépatique et la marche à suivre étape par étape.

Lecture

5 min

Publié le

10 février 2025

Auteur

La Rédaction Titiranol

Sommaire

Perte d’appétit soudaine ou progressive : une distinction qui compte

Un chat qui réduit progressivement sa prise alimentaire sur plusieurs semaines ne présente pas le même tableau clinique qu’un chat qui arrête brutalement de manger du jour au lendemain. La perte soudaine d’appétit (anorexie aiguë) est souvent le signe d’un problème médical actif qui demande une réaction rapide.

Un chat qui mangeait normalement hier et refuse toute nourriture aujourd’hui - y compris ses friandises préférées - envoie un signal clair. Son organisme fait face à quelque chose qui coupe totalement l’envie de s’alimenter : douleur intense, obstruction digestive, infection aiguë ou défaillance d’organe.

Le danger immédiat : la lipidose hépatique

Un foie qui se noie dans la graisse

La lipidose hépatique féline (ou stéatose hépatique) est la complication la plus redoutée d’un jeûne prolongé chez le chat. Quand un chat cesse de manger, son corps mobilise les réserves de graisse pour fournir de l’énergie. Le problème : le foie du chat n’est pas équipé pour traiter un afflux massif d’acides gras. Les cellules hépatiques se gorgent de lipides et cessent de fonctionner.

Un délai critique de 48 à 72 heures

Chez un chat en surpoids, la lipidose peut s’installer en deux à trois jours de jeûne complet. Les chats obèses sont les plus vulnérables car leurs réserves lipidiques sont énormes. Mais les chats de poids normal ne sont pas à l’abri : après quatre à cinq jours sans nourriture, le risque augmente fortement.

Les signes de lipidose hépatique

  • Jaunissement des muqueuses (gencives, intérieur des oreilles, blanc des yeux)
  • Léthargie profonde
  • Vomissements
  • Déshydratation
  • Perte musculaire rapide

Sans traitement, la lipidose hépatique est mortelle dans la majorité des cas. Avec une prise en charge précoce (alimentation assistée par sonde et soutien hépatique), le taux de guérison dépasse 80%.

Les causes médicales d’un arrêt brutal de l’alimentation

Obstruction digestive

Un corps étranger (ficelle, élastique, morceau de jouet, os) bloque le transit intestinal. Le chat vomit, refuse de manger, présente un abdomen douloureux au toucher et cesse de déféquer. C’est une urgence chirurgicale.

Insuffisance rénale aiguë

Contrairement à la forme chronique qui s’installe lentement, l’insuffisance rénale aiguë survient en quelques heures ou jours. Causes fréquentes : intoxication (lys, antigel, anti-inflammatoires), infection, obstruction urinaire. Le chat cesse de manger, vomit, urine peu ou pas du tout.

Pancréatite

L’inflammation du pancréas provoque des douleurs abdominales intenses et des nausées. Le chat adopte une position voûtée, refuse la nourriture, vomit et reste immobile. La pancréatite féline est difficile à diagnostiquer car les signes cliniques sont peu spécifiques.

Infection sévère

Péritonite infectieuse féline (PIF), pyomètre (infection utérine chez les chattes non stérilisées), abcès profond - les infections graves s’accompagnent de fièvre élevée et d’une anorexie complète.

Douleur aiguë

Fracture, trauma, cystite obstructive (un mâle qui ne peut plus uriner) - toute douleur intense coupe l’appétit. Un chat qui se cache, ne bouge plus et refuse de manger souffre probablement.

Les causes comportementales d’un arrêt soudain

Certaines situations de stress aigu provoquent un refus alimentaire total :

  • Agression par un autre animal dans le foyer : le chat ne se sent plus en sécurité pour manger
  • Deuil : la perte d’un compagnon (humain ou animal) affecte certains chats profondément
  • Douleur cachée : un chat qui s’est coincé la queue dans une porte ou qui a fait une chute peut cesser de manger sous l’effet du choc

Ces causes comportementales ne durent généralement pas plus de 48 heures. Au-delà, une consultation vétérinaire s’impose, ne serait-ce que pour prévenir la lipidose hépatique.

Conduite à tenir : étape par étape

Étape 1 - Observer (0 à 12 heures)

Vérifiez les signes vitaux de base : le chat respire-t-il normalement ? Boit-il ? Urine-t-il ? Se déplace-t-il ? Notez tout changement de comportement. Proposez différents aliments appétents (thon nature, poulet cuit, pâtée tiède).

Étape 2 - Stimuler (12 à 24 heures)

Si le chat refuse toujours de manger :

  • Placez une petite quantité de pâtée appétente sur son museau ou sa patte - il la lèchera par réflexe de toilettage
  • Proposez du bouillon de poulet tiède sans sel ni oignon
  • Essayez une alimentation différente de ses habitudes (pâtée si il mange des croquettes, et inversement)
  • Réduisez les sources de stress autour de lui

Étape 3 - Consulter (24 à 48 heures)

Un chat adulte qui ne mange rien depuis 24 heures et présente d’autres symptômes (vomissements, léthargie, diarrhée, difficulté à uriner) doit voir un vétérinaire le jour même.

Un chat adulte qui ne mange rien depuis 48 heures - même sans autre symptôme visible - doit être examiné. Le risque de lipidose hépatique commence à ce stade.

Étape 4 - Urgence immédiate

Consultez sans attendre si :

  • Le chat ne mange pas ET ne boit pas
  • Le chat est un chaton de moins de quatre mois
  • Le chat vomit de façon répétée
  • Les muqueuses jaunissent
  • Le chat mâle fait des allers-retours à la litière sans uriner (obstruction urinaire, urgence vitale)
  • Le chat présente une respiration anormale

Ce que le vétérinaire va rechercher

L’examen comprend généralement une prise de sang (bilan rénal, hépatique, formule sanguine), une palpation abdominale et parfois une échographie ou des radiographies. L’objectif est d’identifier rapidement la cause pour la traiter et de vérifier l’état du foie.

Si une lipidose hépatique est confirmée, le vétérinaire mettra en place une alimentation par sonde naso-oesophagienne ou par sonde d’oesophagostomie pour garantir un apport calorique suffisant pendant la récupération du foie. Ce traitement dure entre deux et six semaines.

Le message principal à retenir : un chat qui ne mange plus du tout pendant 48 heures est en situation de risque. Mieux vaut consulter une fois de trop que de laisser une lipidose hépatique s’installer silencieusement.

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