Un chat gris mangeant dans une gamelle en acier inoxydable posée au sol
🐱 Mammifères

Alimentation de votre chat : guide pratique au quotidien

Besoins caloriques, fréquence des repas, choix de gamelle, transition alimentaire et signes d'une bonne nutrition. Le guide pratique pour bien nourrir votre chat au quotidien.

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7 min

Publié le

10 février 2025

Auteur

La Rédaction Titiranol

Sommaire

Les besoins caloriques quotidiens selon le poids

Le besoin énergétique d’un chat dépend de son poids, de son âge, de son niveau d’activité et de son statut reproductif. La formule de référence pour calculer le besoin énergétique au repos (BER) est la suivante : BER = 70 x (poids en kg)^0,75.

Le besoin énergétique d’entretien (BEE) s’obtient en multipliant le BER par un facteur d’activité :

  • Chat d’intérieur stérilisé : BER x 1,2 = environ 180 kcal/jour pour un chat de 4 kg
  • Chat d’intérieur entier : BER x 1,4 = environ 210 kcal/jour pour un chat de 4 kg
  • Chat actif avec accès extérieur : BER x 1,6 = environ 240 kcal/jour pour un chat de 4 kg
  • Chatte en lactation : BER x 2 à 3 = 300 à 450 kcal/jour pour une chatte de 4 kg

Pour un chat de 5 kg, stérilisé et sédentaire, le besoin quotidien se situe autour de 210 à 230 kcal. Pour un chat de 6 kg dans les mêmes conditions, comptez environ 240 à 260 kcal.

Ces valeurs servent de point de départ. L’ajustement réel se fait en surveillant le poids du chat chaque mois. Une variation de plus de 5 % en un mois justifie une modification des portions.

Libre-service ou repas à heures fixes

Le libre-service (ad libitum)

Le libre-service consiste à laisser de la nourriture en permanence à disposition du chat. Ce mode convient aux chats qui s’autorégulent, c’est-à-dire qui mangent de petites quantités tout au long de la journée sans dépasser leurs besoins.

Les avantages : le chat mange quand il veut, ce qui respecte son rythme naturel de 10 à 20 petits repas par jour. Le propriétaire n’a pas besoin d’être présent à heures fixes.

Les limites : environ 40 à 50 % des chats domestiques sont en surpoids. Beaucoup de chats stérilisés et sédentaires ne s’autorégulent plus. Le libre-service rend difficile le suivi de la quantité effectivement consommée, surtout dans un foyer avec plusieurs chats. La nourriture humide ne peut pas rester à l’air libre plus de 2 heures sans risque bactérien.

Les repas à heures fixes

Le propriétaire sert une quantité mesurée à des horaires réguliers. Ce mode permet un contrôle précis de l’apport calorique et facilité la détection rapide d’une baisse d’appétit (signe précoce de maladie).

L’idéal est de répartir la ration quotidienne en deux à trois repas pour un adulte, en gardant des horaires réguliers (par exemple 7h et 19h, ou 7h, 13h et 19h). Les chats sont des animaux routiniers - la régularité des repas réduit le stress lié à l’alimentation.

Le choix et le placement de la gamelle

Le matériau

  • Céramique émaillée : facile à nettoyer, lourde (le chat ne la déplace pas), neutre en odeur. Premier choix.
  • Acier inoxydable : durable, hygiénique, léger. Certains chats sont gênés par le reflet de leur museau dans le métal.
  • Verre : inerte, facile à nettoyer, mais cassable.
  • Plastique : à éviter. Le plastique se raye, retient les bactéries dans les micro-fissures et peut provoquer une acné féline (points noirs sur le menton).

La forme

Les chats préfèrent les gamelles larges et peu profondes. Leurs vibrisses (moustaches) sont extrêmement sensibles et le contact répété avec les bords d’un bol étroit provoque un inconfort appelé “fatigue des moustaches” (whisker fatigue). Une assiette plate ou un bol d’au moins 12 cm de diamètre convient à la plupart des chats.

L’emplacement

La gamelle doit être placée dans un endroit calme, à l’écart de la litière (minimum 1,5 mètre) et de la gamelle d’eau. Le chat ne boit pas volontiers près de sa nourriture - dans la nature, une source d’eau proche d’une proie en décomposition est suspecte. Ce comportement ancestral persiste chez le chat domestique.

Éviter les zones de passage, les endroits bruyants (près du lave-linge, par exemple) et les coins sombres. Le chat doit pouvoir surveiller son environnement pendant qu’il mange.

La température de la nourriture

Le chat préfère sa nourriture à température ambiante ou légèrement tiède (environ 35 à 38 degrés, proche de la température corporelle d’une proie fraîche). La nourriture froide, tout juste sortie du réfrigérateur, dégage moins d’arômes et attire moins le chat.

Pour réchauffer la pâtée réfrigérée : la sortir 15 à 20 minutes avant le repas, ou la tiédir quelques secondes au bain-marie. Le micro-ondes crée des points de chaleur inégaux et peut brûler la bouche du chat - si vous l’utilisez, mélangez bien et vérifiez la température avant de servir.

Les croquettes se servent à température ambiante sans préparation particulière.

La transition alimentaire : 7 à 10 jours progressifs

Changer brutalement la nourriture d’un chat provoque fréquemment des diarrhées, des vomissements ou un refus de manger. Le système digestif du chat s’adapte lentement aux nouveaux aliments : la flore intestinale a besoin de plusieurs jours pour modifier sa composition.

Le protocole de transition recommandé :

  • Jours 1 et 2 : 75 % ancien aliment + 25 % nouvel aliment
  • Jours 3 et 4 : 50 % ancien + 50 % nouveau
  • Jours 5 et 6 : 25 % ancien + 75 % nouveau
  • Jours 7 à 10 : 100 % nouvel aliment

Si le chat présente des selles molles à une étape, revenir au ratio précédent pendant 2 jours avant de progresser. Certains chats sensibles ont besoin de 14 jours pour une transition complète.

Ce protocole s’applique aussi quand on change de marque, de gamme ou de saveur au sein du même type d’alimentation (croquettes vers croquettes, par exemple).

Reconnaître les signes d’une bonne nutrition

Un chat correctement nourri présente plusieurs indicateurs visibles.

Le pelage

Le poil doit être brillant, souple et lisse. Un pelage terne, sec, cassant ou clairsemé indiqué souvent un déficit en acides gras (oméga-3 et oméga-6), en zinc ou en biotine. Les pellicules excessives peuvent aussi signaler une alimentation inadéquate.

L’énergie et le comportement

Un chat bien nourri est actif pendant ses périodes d’éveil, joue, chasse (même de façon simulée) et explore son environnement. Un chat apathique, qui dort plus que les 12 à 16 heures normales ou qui ne répond plus aux stimulations habituelles, mérite une évaluation de son alimentation et un bilan vétérinaire.

Les selles

Des selles normales sont formées, brunes, ni trop dures ni trop molles, et déposées une à deux fois par jour. Des selles très odorantes, liquides, de couleur anormale ou contenant du mucus signalent un problème digestif - l’alimentation en est souvent la cause.

Le poids

Le poids se stabilise quand l’apport calorique correspond aux besoins. Une pesée mensuelle avec le même appareil et dans les mêmes conditions (même heure, avant ou après le repas de façon constante) permet un suivi fiable.

Les erreurs courantes à éviter

Surestimer les besoins

Beaucoup de propriétaires remplissent la gamelle “à l’oeil” sans mesurer. Les recommandations inscrites sur les emballages sont des moyennes qui ne tiennent pas compte du mode de vie réel du chat. Utiliser une balance de cuisine (précision 1 g) ou un verre doseur calibré pour la marque utilisée donne des résultats plus fiables.

Donner trop de friandises

Les friandises ne doivent pas dépasser 10 % de l’apport calorique quotidien. Une friandise pour chat contient en moyenne 3 à 5 kcal. Pour un chat qui a besoin de 200 kcal/jour, le maximum se situe à 4 ou 5 friandises par jour. Au-delà, il faut réduire la ration principale en conséquence.

Nourrir les restes de table

La nourriture humaine est trop riche en sel, en sucre et en matières grasses pour le chat. Les sauces, les plats en sauce et les viandes assaisonnées contiennent des ingrédients potentiellement toxiques (oignon, ail, poivre). Même la viande ou le poisson cuits sans assaisonnement ne constituent pas un repas équilibré sans compléments adaptés.

Oublier l’eau

Un chat nourri aux croquettes a besoin de boire entre 150 et 200 ml d’eau par jour. Pourtant, beaucoup de foyers n’offrent qu’un seul point d’eau, souvent placé juste à côté de la gamelle de nourriture. Multiplier les points d’eau et les éloigner de la zone de repas augmente la consommation d’eau.

Changer d’alimentation trop souvent

Certains propriétaires alternent les marques et les saveurs chaque semaine, pensant offrir de la “variété”. Le système digestif du chat ne fonctionne pas comme celui de l’humain. Des changements fréquents perturbent la flore intestinale et peuvent créer un chat difficile qui refuse tout aliment après quelques bouchées, attendant qu’on lui propose autre chose.

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